Le télescope spatial James Webb scrute Epsilon Eridani : une possible planète en question, mais une avancée technique majeure
Des observations récentes du télescope spatial James Webb (JWST) autour de l’étoile Epsilon Eridani ont révélé des indices intrigants, mais pas de confirmation définitive de la présence de nouvelles planètes. L’étude, menée par une équipe internationale et prépubliée sur arXiv, a permis de tester une nouvelle technique d’observation prometteuse pour la détection d’exoplanètes lointaines.
Epsilon Eridani, une étoile relativement jeune située à 10,5 années-lumière de la Terre, est déjà connue pour abriter une planète gazeuse géante, ainsi qu’un disque de poussière qui pourrait indiquer la présence d’autres corps célestes. L’équipe a utilisé l’instrument NIRCam du JWST pour sonder ce système, à la recherche de signaux révélateurs de planètes.
Deux candidats potentiels ont été identifiés, mais avec des résultats mitigés. Le premier, détecté dans une zone affectée par le coronographe du télescope (un instrument bloquant la lumière de l’étoile pour révéler les objets plus faibles autour), présentait une signature ressemblant à celle d’une planète. Cependant, le bruit introduit par le coronographe a rendu impractical une confirmation statistique de cette détection.
Le second candidat a été plus rapidement écarté. Les données suggèrent qu’il n’existe probablement pas de planète de la taille de Saturne au-delà de 16 unités astronomiques (UA) d’epsilon Eridani. Cela signifie qu’il n’y a pas de “berger de anneaux” sculptant le disque de poussière à cette distance.
Une lueur énigmatique sur le disque de poussière a également été observée du côté “oriental” de l’étoile, c’est-à-dire la face qui nous est directement visible.Les chercheurs pensent qu’il s’agit probablement de la lumière de l’étoile diffusée par la poussière du disque, un phénomène similaire à celui qui masque parfois les étoiles dans certaines régions de l’espace.
L’aspect le plus significatif de cette étude réside dans la mise à l’essai d’une nouvelle stratégie d’observation appelée “three-roll”. Jusqu’à présent, le JWST effectuait deux “roulis” pour capturer la lumière de ses cibles sous différents angles. En ajoutant un troisième rouli, l’équipe a constaté une amélioration significative de la capacité d’observation, estimée entre 20 et 30 % par rapport à la méthode traditionnelle.
“Bien que l’absence de détection planétaire définitive puisse décevoir certains, il est crucial de souligner que la science progresse également grâce aux contraintes que nous pouvons établir,” explique l’étude. “Cette observation a permis de mieux cerner les limites de la présence de planètes dans le système d’Epsilon Eridani, ainsi que la taille et la position de la planète gazeuse géante déjà connue.”
Plus important encore, la technique “three-roll” ouvre de nouvelles perspectives pour l’observation d’objets faibles dans l’univers. Avec une longue durée de vie opérationnelle devant elle, le JWST pourrait ainsi révéler des secrets insoupçonnés grâce à cette avancée méthodologique.Référence: “Searching for Planets Orbiting ε~Eridani with JWST/NIRCam” by Jorge Llop-Sayson, Charles Beichman, Geoffrey Bryden, Marie Ygouf, Andras Gaspar, William Thompson, Aniket Sanghi, Dimitri Mawet, Alexandra Z. Greenbaum, Jarron Leisenring, Schuyler Wolff, Marcia Rieke and George Rieke, 11 August 2025, arXiv.
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