Home NouvellesPolis ‘Açız’ diyen öğretmenleri döve döve gözaltına aldı

Polis ‘Açız’ diyen öğretmenleri döve döve gözaltına aldı

Des enseignants du secteur privé ont été arrêtés par la police le 1er juin 2026 à Ankara alors qu’ils tentaient de manifester pour réclamer de meilleurs salaires et des conditions de travail décentes. Les forces de l’ordre ont dispersé le rassemblement, invoquant le sommet de l’OTAN à venir pour justifier l’interdiction de toute manifestation publique.

Intervention policière et arrestations à Ankara

Le rassemblement, organisé par le Syndicat des enseignants du secteur privé (Özel Sektör Öğretmenleri Sendikası), visait à dénoncer la précarité croissante et les bas salaires dans le secteur éducatif. Selon les informations rapportées par Sözcü, les enseignants réunis à Güvenpark ont été violemment dispersés par les forces de l’ordre, qui ont procédé à l’arrestation de plusieurs personnes, dont le président du syndicat, Eren Edebali. Les images diffusées par les médias locaux ont montré des agents utilisant des techniques de contention physique pour évacuer les manifestants de la place centrale, un lieu symbolique souvent utilisé pour les revendications sociales dans la capitale.

La situation a rapidement dégénéré, les autorités ayant justifié l’interdiction de manifester par la tenue prochaine du sommet de l’OTAN dans la capitale. Comme l’indique SonDakika, les enseignants ont tenté de marcher vers la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM), mais ils ont été bloqués à plusieurs reprises. Les forces de sécurité ont divisé le groupe en trois segments pour les éloigner des zones stratégiques, entravant toute possibilité de conférence de presse.

Dans le cadre du droit turc, les gouvernorats locaux disposent de pouvoirs étendus pour restreindre les rassemblements publics au nom de la “sécurité nationale” ou de l’ordre public, particulièrement lors de la visite de délégations internationales. Cette pratique est régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains comme un outil visant à limiter la liberté d’expression. Pour les enseignants, cette interdiction est perçue comme une mesure visant à invisibiliser leur détresse économique plutôt qu’à assurer la sécurité du sommet.

Revendications salariales face à une inflation galopante

Le cœur du mécontentement repose sur l’érosion du pouvoir d’achat des enseignants. D’après une analyse publiée par le World Socialist Web Site, le salaire minimum actuel de 28 000 livres turques est largement insuffisant. Les données de la confédération syndicale Türk-İş pour mai 2026 situent le “seuil de faim” à 35 000 livres pour une famille de quatre personnes, tandis que le “seuil de pauvreté” culmine à 114 000 livres.

Dans le secteur privé de l’éducation, les enseignants dénoncent depuis plusieurs années un système de “contrats à la carte” où les établissements fixent des salaires souvent proches du salaire minimum national, sans tenir compte des qualifications ou de l’ancienneté. Cette disparité est accentuée par une inflation persistante qui affecte le prix des denrées alimentaires, du logement et des services de base. Le syndicat demande l’instauration d’une grille salariale uniforme qui garantirait un niveau de vie décent au-dessus des seuils de pauvreté définis par les organisations syndicales majeures.

Dans un communiqué cité par BirGün, les syndicalistes ont exprimé leur exaspération face aux promesses non tenues des autorités :

“Yetkimiz yok’ diyorsunuz, seçim dönemlerinde yetki için oy isteyen de sizdiniz. Biz açlıkla, işsizlikle, güvencesizlikle sindirebileceğiniz bir kitle değiliz. Bizim cüretimiz, deneyimimiz ve öfkemiz sizin oyunlarınızdan büyük!”

Eren Edebali, Syndicat des enseignants du secteur privé

Un mouvement social en quête de reconnaissance

Après l’intervention initiale, les enseignants se sont regroupés sur la place Sakarya pour exiger la libération de leurs collègues arrêtés. Evrensel souligne que ce mouvement ne se limite pas aux enseignants du privé ; il intègre également les candidats aux concours de recrutement public qui dénoncent l’opacité et l’injustice des entretiens d’embauche.

L’enjeu pour le mouvement est de transformer ces actions ponctuelles en un rapport de force durable avec le ministère de l’Éducation nationale. Historiquement, le secteur de l’éducation en Turquie est marqué par une forte dépendance des enseignants envers leurs employeurs, qu’ils soient étatiques ou privés, rendant la syndicalisation difficile. Cependant, la dégradation rapide des conditions de vie a poussé de nombreux professionnels à rejoindre des structures syndicales indépendantes qui pratiquent une stratégie de confrontation directe, loin des canaux de négociation traditionnels jugés inefficaces.

La tension reste vive alors que le syndicat a annoncé son intention de maintenir la pression. Les enseignants ont déjà prévenu que, faute de réponse concrète de la part du ministère de l’Éducation nationale, une action illimitée sera lancée le 14 juin 2026. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de contestation sociale en Turquie, où les travailleurs cherchent de plus en plus à s’affranchir des structures syndicales traditionnelles jugées trop proches du gouvernement pour engager des luttes directes.

Le ministère, pour sa part, n’a pas encore émis de réponse officielle aux revendications spécifiques du 1er juin, se contentant de maintenir le cadre réglementaire actuel des salaires dans le privé. La question de la régulation des contrats de travail dans les écoles privées demeure un sujet de débat législatif, sans qu’une réforme majeure ne soit à ce jour à l’ordre du jour parlementaire.

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