Home InternationalSyrie : Damas prend le contrôle d’une prison de Raqqa aux anciens détenus de l’EIIS

Syrie : Damas prend le contrôle d’une prison de Raqqa aux anciens détenus de l’EIIS

Syrie : Le gouvernement reprend le contrôle d’une prison abritant des détenus de l’EI, l’UE s’inquiète des évasions

RAQQA, Syrie – Le gouvernement syrien a pris le contrôle vendredi de la prison d’al-Aktan à Raqqa, dans le nord-est du pays, un établissement auparavant géré par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à majorité kurde. Cette prise de contrôle intervient dans un contexte de tensions croissantes et de changements de pouvoir dans la région, soulevant des inquiétudes quant à la sécurité des milliers de détenus liés à l’État islamique (EI) incarcérés dans la prison.

La prison d’al-Aktan a été le théâtre d’affrontements cette semaine entre les forces gouvernementales syriennes en progression et les FDS, qui ont joué un rôle crucial dans la défaite territoriale de l’EI il y a une décennie. Depuis lors, les FDS ont supervisé la détention de milliers de combattants et de membres de leurs familles liés à l’organisation terroriste.

L’Union européenne a exprimé sa préoccupation face à la possibilité d’évasions de détenus, notamment de combattants étrangers, dans le contexte de ce transfert de pouvoir. “Les récentes allégations d’évasions de détenus de l’EI au milieu des affrontements sont une source de préoccupation majeure”, a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole de l’UE, dans un communiqué. “Nous surveillons de près la situation, y compris le transfert des combattants restants, y compris les combattants terroristes étrangers, vers l’Irak.”

Les États-Unis, qui ont longtemps soutenu les FDS, semblent désormais privilégier le gouvernement central syrien dirigé par le président Ahmed al-Sharaa dans son offensive pour reprendre les territoires contrôlés par les FDS dans le nord de la Syrie. Cette évolution marque un changement significatif dans la politique américaine dans la région.

Sous la pression militaire et politique de Damas, qui cherche à étendre son contrôle sur l’ensemble du pays, les FDS ont cédé des pans de territoire ces derniers jours, se repliant vers des parties de la province de Hassaké, leur bastion dans le nord-est.

Selon les Nations unies, plus de 134 000 personnes ont été déplacées par les combats et un cessez-le-feu fragile est en place. La situation humanitaire se détériore rapidement, avec des difficultés d’accès aux camps de déplacés et aux populations vulnérables.

Le ministère de l’Intérieur syrien a déclaré que des “équipes spécialisées” avaient été formées pour assurer la sécurité de la prison et contrôler la situation à l’intérieur. L’étendue de la population carcérale d’al-Aktan n’est pas encore connue.

Parallèlement, les États-Unis ont commencé à transférer jusqu’à 7 000 prisonniers liés à l’EI des prisons syriennes vers l’Irak. Les responsables américains précisent que ces détenus sont de nombreuses nationalités, dont des ressortissants européens.

La situation dans le camp d’Al-Hol, qui abrite des milliers de personnes soupçonnées d’être des proches de combattants de l’EI, est également préoccupante. Les conditions de sécurité précaires ont empêché l’accès de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au camp. “L’HCR a pu atteindre Al-Hol ces trois derniers jours, mais n’a pas encore pu entrer dans le camp en raison de la situation sécuritaire volatile”, a déclaré la porte-parole de l’HCR en Syrie, Céline Schmitt.

Le camp d’Al-Hol, situé dans une région désertique de la province de Hassaké, est le plus grand camp pour les personnes soupçonnées d’être liées à l’EI. Il abrite environ 24 000 personnes, dont 15 000 Syriens, 3 500 Irakiens et 6 200 femmes et enfants étrangers.

L’évolution de la situation en Syrie soulève des questions cruciales sur l’avenir de la lutte contre le terrorisme, la gestion des détenus de l’EI et la protection des populations civiles. La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour trouver des solutions durables à ces défis complexes.

[Image d’une manifestation pro-SDF en Belgique, avec légende : “Des manifestants brandissent des drapeaux du Kurdistan lors d’une manifestation à Sulaymaniyah, en Irak, le 22 janvier 2026, s’opposant au déploiement des forces gouvernementales syriennes dans les zones anciennement contrôlées par les Kurdes en Syrie. (Shwan MOHAMMED / AFP)”]

[Image du camp d’Al-Hol, avec légende : “Des femmes et des enfants, proches de présumés djihadistes de l’EI, sont vus à l’intérieur du camp d’Al-Hol dans la région désertique de la province de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 21 janvier 2026. (OMAR HAJ KADOUR / AFP)”]

Attaque au couteau lors d’une manifestation pro-SDF en Belgique

Dans un développement distinct, six personnes ont été blessées, dont deux grièvement, lors d’une attaque au couteau lors d’une manifestation en soutien aux FDS dans la ville belge d’Anvers, jeudi. Les autorités enquêtent sur l’incident comme un cas de tentative de meurtre, mais n’ont pas confirmé s’il s’agissait d’un acte terroriste.

Source : The Times of Israel.

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