Sommet de l’OCS : La chine renforce son rôle de leader régional, mais les actions concrètes restent limitées
New Delhi, Inde – Le récent sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) à New Delhi a mis en lumière les ambitions de la Chine de se positionner comme un leader incontesté en Asie centrale et au-delà. Si le sommet a permis de réaffirmer l’importance de la coopération régionale, les observateurs soulignent un décalage significatif entre la rhétorique et les actions concrètes.
Selon des analyses, l’OCS, bien que réorganisé pour une meilleure gestion des conflits avec la création de nouveaux comités, n’a pas démontré une capacité réelle à résoudre les tensions existantes. L’exemple de l’invasion russe de l’Ukraine, qui n’a pas suscité de condamnation de la part de l’organisation, illustre cette faiblesse. L’Inde, bien qu’ayant rejeté l’attaque, n’a pas pris d’initiatives pour une résolution, et aucune autre mesure significative n’a été entreprise.
La Chine, en tant qu’hôte de l’OCS, a habilement utilisé cet événement pour promouvoir un ordre mondial alternatif, fondé sur des principes d’égalité et de souveraineté, qualifiés d'”esprit de Shanghai”. Cette stratégie vise à contrer l’influence des États-Unis et à étendre son propre rayon d’action.
Cependant, cette promotion de valeurs telles que l’égalité et la souveraineté est perçue par certains experts, comme Steven David de l’Université Johns Hopkins, comme un exercice de symbolisme.”La Chine essaie d’utiliser l’OCS pour étendre son influence, en particulier comme contrepoids aux États-Unis”, explique-t-il, tout en soulignant que le pays ne respecte pas toujours ces principes dans sa propre politique.
Le message que Pékin cherche à véhiculer est clair : la Chine se présente comme un partenaire respectueux, capable de rassembler les nations, contrairement à une Amérique perçue comme isolante.
Contexte et perspectives d’avenir :
L’OCS, créée en 2001, regroupe la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. L’organisation s’est initialement concentrée sur la lutte contre le terrorisme,le séparatisme et l’extrémisme religieux. Au fil du temps, son agenda s’est élargi pour inclure la coopération économique, énergétique et culturelle.
L’adhésion de l’Iran en 2023 renforce le poids géopolitique de l’OCS et offre à la Chine de nouvelles opportunités économiques et stratégiques. L’intérêt croissant d’autres pays, comme la Biélorussie et la Mongolie, pour un statut d’observateur ou de membre à part entière témoigne de l’attrait croissant de l’organisation.
Néanmoins, l’OCS reste confrontée à des défis importants, notamment les divergences d’intérêts entre ses membres, la complexité des conflits régionaux et la concurrence avec d’autres organisations internationales. L’avenir de l’OCS dépendra de sa capacité à transformer sa rhétorique en actions concrètes et à répondre aux besoins de ses membres.
