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Super Micro : Fraude à l’exportation de puces Nvidia vers la Chine ?

Des dirigeants de Super Micro Computer accusés de contourner les contrôles à l’exportation pour vendre des serveurs à la Chine

NEW YORK (AP) – Des associés d’un fabricant américain de serveurs non identifié ont été accusés par le bureau du procureur américain pour le district sud de New York d’avoir illégalement détourné des milliards de dollars de serveurs alimentés par des puces Nvidia vers la Chine. L’affaire met en lumière les efforts déployés par le gouvernement américain pour empêcher la Chine d’acquérir des technologies de pointe en matière d’intelligence artificielle, tout en soulignant les défis posés par des rivaux chinois comme DeepSeek.

L’acte d’accusation, rendu public jeudi, cible Yih-Shyan "Wally" Liaw, Ruei-Tsan "Steven" Chang et Ting-Wei "Willy" Sun, accusés d’avoir violé la loi sur le contrôle des exportations. Selon l’accusation, les produits du fabricant de serveurs, contenant des puces Nvidia, sont soumis à des contrôles stricts à l’exportation vers la Chine, visant à protéger la sécurité nationale et les intérêts de la politique étrangère des États-Unis.

Wally Liaw est un cofondateur et membre du conseil d’administration de Super Micro Computer, contrôlant pour 464 millions de dollars d’actions de l’entreprise, selon FactSet. Les actions de Super Micro ont chuté de 12 % dans les échanges prolongés après la publication de l’acte d’accusation.

Super Micro a déclaré que bien que l’entreprise ne soit pas nommée comme défenderesse, Liaw occupe le poste de vice-président principal du développement commercial, Chang est un responsable des ventes à Taïwan et Sun est un contractuel. L’entreprise a placé ces employés en congé et a mis fin à sa relation avec le contractuel.

"La conduite de ces individus, telle qu’alléguée dans l’acte d’accusation, constitue une violation des politiques et des contrôles de conformité de l’entreprise, y compris les efforts visant à contourner les lois et réglementations applicables en matière de contrôle des exportations", indique un communiqué de Super Micro. L’entreprise affirme maintenir un programme de conformité rigoureux et s’engage à respecter pleinement toutes les lois et réglementations américaines applicables en matière d’exportation et de réexportation.

L’enquête révèle qu’une entreprise basée en Asie du Sud-Est a joué un rôle de посредник, falsifiant des documents pour donner l’impression que les serveurs seraient utilisés localement, avant de les acheminer secrètement vers la Chine. Les accusés auraient utilisé des serveurs "factices" pour tromper l’équipe de conformité du fabricant de serveurs et ont exercé des pressions pour approuver les expéditions.

Depuis 2024, ces efforts auraient généré environ 2,5 milliards de dollars de ventes pour le fabricant de serveurs, dont 510 millions de dollars entre fin avril 2025 et mi-mai 2025, acheminés via l’entreprise asiatique vers la Chine. Le fabricant de serveurs n’avait pas de licence du département du Commerce américain pour exporter des serveurs équipés de GPU Nvidia vers la Chine.

L’affaire intervient alors que les États-Unis cherchent à limiter l’accès de la Chine aux technologies d’IA de pointe. Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, a récemment exprimé des inquiétudes quant aux risques de sécurité liés à la vente de puces à la Chine, comme le rapporte TechCrunch. Parallèlement, Nvidia, malgré les restrictions américaines, a repris la fabrication pour répondre aux commandes chinoises, selon son PDG Jensen Huang. En février, Reuters rapportait que le modèle d’IA chinois DeepSeek avait été entraîné sur les meilleures puces Nvidia, malgré l’embargo américain.

Jay Clayton, l’ancien procureur américain pour le district sud de New York, a déclaré : "Les crimes impliquant des technologies sensibles doivent être traités rapidement, sinon la loi est dénuée de sens." Liaw et Sun ont été arrêtés jeudi, tandis que Chang est en fuite.

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