Rwanda FDA : 18 fonctionnaires arrêtés pour alcool illicite

Le directeur général de la Rwanda Food and Drugs Authority, Emile Bienvenu, a été arrêté aux côtés de 17 autres fonctionnaires pour des infractions présumées liées à la production et à la distribution de boissons alcoolisées illicites. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une répression nationale menée par le Bureau d’investigation rwandais.

La vaste campagne menée au Rwanda contre les boissons alcoolisées frelatées a franchi un cap judiciaire majeur. Le directeur général de l’autorité réglementaire des médicaments, Emile Bienvenu, a été interpellé aux côtés de dix-sept autres responsables administratifs et techniques, comme l’a confirmé le Bureau d’investigation rwandais (le Rwanda Investigation Bureau). Parmi les personnes visées figurent dix individus directement liés à l’organisme de régulation sanitaire, un responsable de division du Conseil rwandais des normes ainsi que plusieurs secrétaires exécutifs de cellules et de secteurs administratifs.

Arrestations massives et saisies record à Kigali

Les suspects ont été présentés aux médias le jeudi 13 août au siège du RIB à Kimihurura. Cette descente spectaculaire fait suite à une série d’opérations de contrôle qui ont entraîné la fermeture de plus de 140 entreprises et le rappel de centaines de marques de spiritueux, de gins et de vodkas depuis le 2 août. En outre, une interdiction d’importation frappe désormais plus de 50 marques d’alcool, tandis que 16 propriétaires, gérants et salariés d’entreprises ont déjà été appréhendés.

Le porte-parole du RIB, Thierry Murangira, a précisé que 97 dossiers d’enquête relatifs à ces infractions avaient été transmis au parquet depuis le 20 juillet. Thierry Murangira a déclaré devant les journalistes que certains fonctionnaires avaient abusé des pouvoirs qui leur avaient été confiés à des fins personnelles, pointant du doigt des abus d’autorité caractérisés et des complicités administratives. Selon l’enquête, des fonctionnaires auraient facilité l’activité de sociétés produisant des alcools non conformes aux normes en vigueur, tandis que des responsables locaux auraient délivré des certificats de complaisance.

Conditions d’hygiène et contournement des normes de fabrication

Les investigations menées sur le terrain ont mis en lumière de graves manquements aux exigences de bonnes pratiques de fabrication. De nombreuses sociétés affichaient un vernis de légitimité grâce à un étiquetage soigné, alors même que leur production s’effectuait dans des conditions non hygiéniques, selon les précisions de l’autorité d’investigation. Les services de contrôle ont également découvert des anomalies récurrentes dans l’enregistrement des produits, certaines entreprises commercialisant des gammes non déclarées après avoir fait valider des dossiers initiaux différents.

Les personnes reconnues coupables d’abus de pouvoir encourent des peines de sept à dix ans d’emprisonnement ainsi que des amendes substantielles, conformément aux dispositions pénales en la matière. Cette purge au sein des agences de régulation illustre la volonté des autorités de nettoyer une filière gangrenée par la corruption administrative et le non-respect des standards sanitaires.

Une coordination internationale sur fond de trafics de produits médicaux

Dans le même temps, une opération mondiale menée sous l’égide d’Interpol dans 90 pays et territoires a permis de saisir 6,42 millions de doses de médicaments non approuvés et contrefaits pour une valeur estimée à 15,5 millions de dollars, selon les données publiées par l’organisation internationale de police criminelle.

Rwanda FDA : 18 fonctionnaires arrêtés pour alcool illicite
Photo: interpol.int

Valdecy Urquiza, Secrétaire général d’Interpol, a affirmé que les faux médicaments ne constituaient pas de simples fraudes, mais mettaient des vies en danger, ajoutant qu’à travers les marchés en ligne et les chaînes d’approvisionnement informelles, les criminels exploitaient les failles de la surveillance en ciblant des personnes à la recherche de traitements rapides ou abordables, avec des conséquences pouvant être graves, voire fatales.

Cette vaste offensive internationale, menée du 10 au 23 mars, a conduit à l’arrestation de 269 personnes et au démantèlement de 66 groupes criminels spécialisés dans le trafic pharmaceutique. Les enquêteurs ont notamment ciblé des réseaux écoulant des stimulants, des sédatifs, des antibiotiques et des traitements pour dysfonctionnements érectiles, illustrant l’ampleur des défis auxquels font face les régulateurs sanitaires, tant au niveau national qu’international.

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