Home ÉconomieStrait d’Hormuz : Mercantilisme et tensions sur les marchés de l’énergie

Strait d’Hormuz : Mercantilisme et tensions sur les marchés de l’énergie

Tensions au Moyen-Orient : Washington s’apprête à escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, un retour au mercantilisme ?

WASHINGTON – L’administration Trump envisage de déployer la marine américaine pour escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial de l’énergie, en réponse aux tensions croissantes avec l’Iran. Cette annonce, couplée à la proposition d’une garantie d’assurance pour les navires, souligne l’importance stratégique de ce passage maritime et révèle un changement profond dans la philosophie du commerce international.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole et du gaz mondial, est devenu un point de friction majeur. Si les États-Unis ne dépendent plus autant de ce passage – seulement 7% de leurs importations de pétrole brut y transitent – l’Europe, qui a diversifié ses sources d’approvisionnement après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en reçoit un peu moins de 10% de son gaz. La Chine, en revanche, est beaucoup plus dépendante, avec près de la moitié de ses importations de pétrole qui empruntent cette voie maritime.

L’annonce de Washington a eu un effet limité sur les marchés énergétiques, mais elle témoigne d’une inquiétude persistante quant à la sécurité des approvisionnements. Les taux de fret pour le transport du pétrole brut depuis la région ont quadruplé la semaine dernière, même si des alternatives existent.

Ce qui se dessine, selon Angeliki Frangou, PDG de Navios Maritime Partners, est un retour au mercantilisme, un système économique protectionniste axé sur la maximisation des exportations, la pénalisation des importations et l’accumulation de richesse nationale. "Tout est désormais question de sécurité nationale. Il s’agit de mercantilisme, de friend-shoring," explique-t-elle, soulignant le passage d’une logique de "juste-à-temps" à une logique de "juste-au-cas-où".

Cette évolution marque une rupture avec les décennies de mondialisation et de libre-échange. "Le monde de l’Organisation Mondiale du Commerce dans lequel nous avons construit nos entreprises n’existe plus aujourd’hui. Nous vivons dans un monde différent", affirme Frangou, qui voit en moyenne un de ses navires traverser le détroit d’Ormuz chaque jour.

L’impact de ces changements s’étend au-delà du secteur maritime. Une étude récente menée par l’économiste de Stanford, Erik Brynjolfsson, suggère que l’augmentation des salaires minimums pourrait inciter les entreprises manufacturières à investir davantage dans la robotique.

Les analystes avertissent que les prix de l’énergie pourraient à nouveau flamber si le plan d’escorte américain ne se concrétise pas rapidement. L’incertitude demeure quant à la capacité de protéger efficacement les navires contre les missiles et les attaques de drones.

Par ailleurs, Elon Musk envisage une introduction en bourse de SpaceX, qui pourrait valoriser l’entreprise à 1,5 billion de dollars, ce qui en ferait la deuxième introduction en bourse la plus importante de l’histoire.

Marchés financiers (à 9h00 heure de l’Est):

  • S&P 500 futures: stables
  • STOXX Europe 600: -0,29%
  • FTSE 100 (Royaume-Uni): +0,50%
  • Nikkei 225 (Japon): +1,90%
  • CSI 300 (Chine): +0,98%
  • Hang Seng (Hong Kong): +0,28%
  • KOSPI (Corée du Sud): +9,63%
  • NIFTY 50 (Inde): +1,05%
  • Bitcoin: 73 000 $

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