Steve Wright avoue le meurtre de Victoria Hall, plus de 25 ans après les faits
IPSWICH, Royaume-Uni – Steve Wright, surnommé le « Strangler du Suffolk », a finalement avoué le meurtre de Victoria Hall, une jeune femme de 17 ans disparue en 1999. L’annonce, faite lundi devant l’Old Bailey à Londres, marque un tournant dans une affaire qui a hanté le Suffolk pendant plus de deux décennies. C’est la première fois que Wright reconnaît sa responsabilité dans un meurtre.
Victoria Hall a disparu alors qu’elle rentrait chez elle à Trimley St Mary après une soirée dans un club de Felixstowe le 18 septembre 1999. Son corps a été retrouvé cinq jours plus tard dans un fossé près du village de Creeting St Peter, à environ 25 kilomètres de l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois.
Wright, 67 ans, était initialement prévu de comparaître devant un jury, mais a changé de plaidoyer. Il a admis avoir enlevé Victoria Hall « par la force ou la fraude » et l’avoir assassinée. Il a également plaidé coupable de tentative d’enlèvement d’Emily Doherty, 22 ans, à Felixstowe la veille du meurtre de Victoria Hall.
L’aveu de Wright intervient alors qu’il purge déjà une peine de prison à vie pour le meurtre de cinq autres femmes, commises en décembre 2006. Leurs corps avaient été retrouvés dans des zones isolées autour d’Ipswich, suscitant une vague d’effroi et d’inquiétude dans la région.
La police du Suffolk a salué la décision de Wright, soulignant la patience et la dignité de la famille Hall tout au long de cette longue attente. L’assistante chef de la police Alice Scott a déclaré : « La famille de Victoria a attendu plus de 26 ans pour ce jour et je suis très heureuse que nous ayons pu rendre justice à Victoria et qu’ils sachent maintenant qui est responsable de son meurtre. »
L’aveu de Wright épargne à la famille Hall l’épreuve d’un procès. Le juge Justice Bennathan a annoncé qu’il prononcerait sa sentence vendredi, permettant ainsi à la famille et aux amis de Victoria Hall de présenter des déclarations d’impact sur la victime. Gemma Algar, l’amie de Victoria Hall qui l’a vue pour la dernière fois, et Emily Doherty devraient également témoigner.
L’affaire Wright a mis en lumière les similitudes entre les meurtres, notamment le fait que toutes les victimes étaient asphyxiées et retrouvées dans des lieux isolés. La police a également souligné que les victimes partageaient un certain type physique.
La disparition de Victoria Hall avait suscité une vaste campagne de sensibilisation, avec des affiches placardées dans tout le Suffolk pour demander de l’aide. Ses parents, Graham et Lorinda Hall, avaient lancé un appel poignant en 2000, exprimant leur espoir de voir le meurtrier de leur fille appréhendé. Malheureusement, Lorinda Hall est décédée en décembre dernier, sans avoir eu la satisfaction de voir justice rendue.
Victoria Hall était une étudiante brillante qui rêvait d’étudier la sociologie à l’université de Roehampton. Sa mort prématurée a laissé un vide immense dans la vie de ses proches et de sa communauté.
Cette affaire rappelle la fragilité de la vie et l’importance de ne jamais abandonner la recherche de la vérité et de la justice, même après des années d’attente. Le Suffolk, et au-delà, peut enfin tourner une page sombre de son histoire.
