SpaceX a conclu un accord d’environ 8 milliards de dollars en numéraire pour acquérir un portefeuille national de licences de spectre de faible bande auprès de la société d’investissement Grain Management. Cette opération annoncée en octobre 2026 vise à transformer Starlink en un opérateur mobile et à concurrencer directement les géants du secteur.
L’offensive de l’entreprise dirigée par Elon Musk sur le marché de la téléphonie mobile bouleverse les équilibres établis aux États-Unis. Alors que le projet d’intégration de ces fréquences dans un système combinant infrastructures terrestres et connectivité satellitaire se précise, l’action SpaceX a progressé de 1 % le vendredi 9 octobre 2026 d’après Yahoo Finance.
Les opérateurs historiques chutent en Bourse
L’annonce de l’accord sur le spectre a provoqué une onde de choc à Wall Street en octobre 2026, entraînant dans sa chute les actions des trois principaux opérateurs du pays, que sont AT&T, T-Mobile et Verizon. Les investisseurs ont sanctionné les valeurs télécoms par crainte d’une remise en cause de leurs parts de marché lucratives, englobant les services d’entreprise, la clientèle rurale et l’itinérance internationale, ainsi que le segment des services d’urgence. À la clôture de cette journée de cotation, le S&P 500 a progressé de 0,59 % pour s’établir à 7 811,54 points, le Nasdaq a gagné 0,64 % à 27 366,17 points, et le Dow Jones a progressé de 0,83 % à 51 654,95 points, tandis que l’indice de volatilité VIX a reculé de 3,70 % pour descendre à 14,84.
Verizon a enregistré sa pire séance depuis juillet 2002, tandis que T-Mobile et AT&T ont connu leurs journées les plus difficiles depuis respectivement 2013 et 2000, selon des données financières publiées par CNBC. L’action SpaceX a progressé d’environ 1 % au cours de la même séance.
SpaceX rachète les fréquences de Grain Management
L’opération financière, évaluée à environ 8 milliards de dollars en numéraire selon des sources proches du dossier, porte sur des actifs essentiels.
Ce type d’ondes présente des propriétés physiques spécifiques qui le distinguent des fréquences plus élevées. Le régulateur fédéral a approuvé l’application de la constellation de deuxième génération de Starlink Mobile, autorisant SpaceX à lancer 15 000 satellites optimisés pour le spectre de 2 GHz dans le monde entier, tandis que Grain Management et SpaceX ont refusé de commenté la valeur de la transaction, d’après le Wall Street Journal. Les marchés ont également suivi l’activité d’autres entreprises du secteur spatial et des infrastructures, telles que Rocket Lab, qualifiée d’acteur fournissant le matériel de base pour les constellations par Simply Wall St, ou Iridium Communications qui gère un réseau mondial de satellites produisant environ 884 millions de dollars de services.
Le régulateur fédéral salue l’opération
Le président de la Federal Communications Commission, Brendan Carr, a salué cette dynamique lors d’un entretien télévisé en déclarant que « nous allons probablement injecter plus de 100 milliards de dollars de spectre sur le marché au cours des deux prochaines années, nous assistons donc à une forte concurrence », et qu’il s’agit d’« une très bonne nouvelle pour les consommateurs américains ». La Federal Communications Commission a accordé à SpaceX une dérogation évitant l’obligation de louer des bandes de fréquences auprès d’un opérateur terrestre établi, lui permettant ainsi de se mesurer directement aux grands acteurs en place.
Les analystes estiment que cette acquisition confère à l’entreprise les bases nécessaires pour structurer son offre. Les équipes de JPMorgan ont ainsi jugé que cette acquisition crédibilisait l’opportunité à long terme de Starlink Mobile, tout en indiquant que les risques pour les opérateurs historiques restaient limités à court terme en raison du temps et des capitaux requis pour bâtir un réseau terrestre compétitif. Les cabinets d’analyse tels qu’Evercore ISI ont estimé que l’entreprise dirigée par Elon Musk dispose désormais des contours réels d’un réseau mobile complet s’appuyant sur ses ressources spatiales.
En savoir plus sur Elon Musk
À lire aussi