L’Iran a lancé des missiles contre deux navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz le lundi 30 juin 2026, selon des responsables américains. Cette offensive, survenue après l’expiration d’un accord temporaire de cessez-le-feu, a provoqué une hausse immédiate des prix du pétrole brut, dépassant les 72 dollars le baril, d’après Gujarat Samachar.
L’offensive du CGRI et l’impact sur les prix du brut
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a ciblé deux navires commerciaux tôt le mardi matin près d’Ormuz. Selon Mumbai Samachar, citant Axios, deux responsables américains ont confirmé le tir de deux missiles. L’un des navires touchés était un pétrolier, tandis que l’autre était un navire commercial.
Le marché mondial a réagi instantanément. Le prix du pétrole brut, qui oscillait autour de 71 dollars le lundi, a franchi la barre des 72 dollars le mardi. D’autres rapports indiquent une volatilité encore plus forte, avec des prix grimpant jusqu’à 80 dollars le baril, atteignant des sommets non vus depuis juillet 2022, selon TV9 Gujarati.
L’UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) a rapporté qu’un pétrolier se dirigeant vers le sud près des côtes d’Oman a été frappé par un projectile inconnu, déclenchant un incendie majeur. L’incident s’est produit à 8 milles nautiques à l’est de Limah. Bien que les navires aient subi des dommages matériels, notamment au niveau de la salle des machines pour l’un d’eux, aucun décès n’a été signalé.
La fin du mémorandum d’entente et la menace de Donald Trump
Photo: Mumbai Samachar
Cette escalade coïncide avec la fin d’un accord temporaire d’une semaine entre les États-Unis et l’Iran. Selon Sandesh, des responsables du département de la Défense américain s’inquiètent que ces attaques compromettent un « mémorandum d’entente en 14 points » signé environ trois semaines auparavant.
L’administration américaine a réagi avec virulence. Le président Donald Trump a confirmé avoir mené des frappes militaires contre des bases iraniennes, notamment sur l’île de Kharg, tout en épargnant pour l’instant les infrastructures pétrolières. Cependant, il a lancé un avertissement explicite sur les réseaux sociaux.
Si la route du pétrole est bloquée, l’attaque sera 20 fois plus grande.
Donald Trump, Président des États-Unis via AB Live
Le président a ajouté que si un blocus était instauré, les États-Unis réagiraient de manière à ce que l’Iran aurait des difficultés à se reconstruire en tant que nation, affirmant : Nous détruirons l’Iran.
La stratégie du Yuan et le chantage économique de Téhéran
Iran : deux navires attaqués dans le détroit d'Ormuz
L’Iran semble vouloir utiliser le détroit d’Ormuz comme levier pour briser la domination du dollar américain. Selon Gujarat Samachar, citant CNN, Téhéran envisage d’autoriser le passage d’un nombre limité de pétroliers à une condition stricte : que le commerce du pétrole s’effectue en yuan chinois.
Cette manœuvre s’inscrit dans une volonté stratégique de contourner les sanctions économiques américaines. Si cette mesure est appliquée, elle alignerait l’Iran sur la Russie, qui accepte déjà le rouble ou le yuan pour son brut.
L’impact potentiel est global. Tom Fletcher, sous-secrétaire général des Nations Unies, a averti que le blocage des navires à Ormuz affecterait le monde à la vitesse de l’éclair, augmentant non seulement le prix du carburant, mais aussi celui des médicaments, des engrais et des denrées alimentaires.
L’Inde face au risque : Entre évacuations et tensions
Photo: Sandesh
Pour l’Inde, qui importe une part massive de son pétrole via cette route, la situation est critique. Le 20 juin 2026, trois super-pétroliers indiens — le Desh Vaibhav, le Desh Vibhor et le Sunmaar Herald — ont réussi à traverser le détroit avec 94 membres d’équipage, transportant plus de 860 000 tonnes de brut. Le ministre des Ports, du Transport maritime et des Voies navigables, Sarbananda Sonowal, a confirmé que ces navires font route vers les ports indiens pour une arrivée prévue entre le 24 juin et le 1er juillet.
L’insécurité persiste cependant. Mumbai Samachar rapporte que deux navires indiens ont dû faire demi-tour après des tirs de mise en garde du CGRI. L’un de ces navires transportait 2 millions de barils de brut achetés à l’Iran.
Un message radio poignant provenant du Sunmaar Herald illustre la confusion et la peur des équipages lors des incidents de tir :
Vous m’aviez donné la permission de passer ; maintenant vous tirez. Permettez-moi de faire demi-tour.
Équipage du Sunmaar Herald, via Mumbai Samachar
Analyse des enjeux et flux énergétiques
Le détroit d’Ormuz reste le point de passage le plus vulnérable de l’économie mondiale. Les données de l’Energy Information Administration (EIA) citées par Mumbai Samachar montrent qu’en 2024, environ 20 millions de barils de pétrole brut y transitaient quotidiennement, soit un cinquième de l’offre mondiale.
Indicateur
Valeur / Impact
Source
Flux quotidien (2024)
20 millions de barils
EIA / Mumbai Samachar
Prix du brut (Pic récent)
Jusqu’à 80 $ / baril
TV9 Gujarati
Part mondiale du pétrole
20 %
Gujarat Samachar
Navires à l’arrêt
Plus de 200 navires
TV9 Gujarati
L’instabilité actuelle est exacerbée par des facteurs internes et externes. D’un côté, l’Iran a fermé le détroit en réponse aux attaques américaines et israéliennes du 28 février. De l’autre, Téhéran a envoyé une délégation en Suisse pour des discussions techniques avec les États-Unis, selon Gujarat First.
L’enjeu pour les prochaines semaines réside dans la capacité des deux puissances à maintenir un canal de communication alors que les menaces de destruction mutuelle s’intensifient. Pour des pays comme l’Inde ou la Chine, l’imposition du yuan comme monnaie de passage pourrait être une solution pragmatique, mais elle fragiliserait durablement l’hégémonie financière américaine.