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Salaires bancaires US : explosion des rémunérations des dirigeants

Les salaires des patrons de banques américaines explosent, creusant le fossé avec les employés

NEW YORK (AP) – Les dirigeants des plus grandes banques américaines ont vu leurs rémunérations flamber l’année dernière, un signal fort de la bonne santé du secteur financier, mais qui risque d’attiser les tensions sociales face à la stagnation des salaires pour la majorité des travailleurs. Six patrons de banques ont empoché plus de 250 millions de dollars au total, selon des documents réglementaires récents.

Brian Moynihan, PDG de Bank of America, a perçu 41 millions de dollars pour 2023, une information révélée vendredi dernier. Il rejoint ainsi Jamie Dimon (JPMorgan Chase), Jane Fraser (Citigroup), Ted Pick (Morgan Stanley), David Solomon (Goldman Sachs) et Charlie Scharf (Wells Fargo), tous ayant reçu au moins 40 millions de dollars.

Cette augmentation combinée représente une hausse de 22% par rapport à l’année précédente. En 2023, la rémunération moyenne de ces dirigeants était déjà 298 fois supérieure à celle du salaire médian des employés de leurs banques. Un écart qui s’accentue alors que l’inflation et la modeste progression des salaires pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages américains.

“C’est la banque dans un marché haussier, avec des résultats de marché haussier et des rémunérations de PDG en conséquence,” a déclaré Mike Mayo, analyste bancaire chez Wells Fargo. “C’est logique.”

David Solomon, de Goldman Sachs, a été le mieux rémunéré avec un total de 47 millions de dollars, incluant un bonus en espèces de 10,1 millions de dollars, 31,5 millions de dollars en actions et 3,4 millions de dollars de carried interest – une part des bénéfices des fonds gérés par la banque. L’ajout de ce carried interest à sa rémunération vise à aligner le salaire de Solomon sur celui des dirigeants d’entreprises de gestion d’actifs, dans un contexte de concurrence accrue pour attirer les meilleurs talents.

Ces chiffres interviennent dans un contexte de forte performance des marchés boursiers et de résultats records pour le secteur bancaire américain. La capitalisation boursière des banques américaines a grimpé en flèche l’année dernière, portée par la politique de déréglementation de l’administration Trump et la reprise de l’activité bancaire d’investissement.

Les banques ont également bénéficié de l’assouplissement de certaines réglementations mises en place après la crise financière de 2008. L’année dernière, les régulateurs américains ont proposé d’autoriser un effet de levier plus important pour les grandes banques, ont revu les tests de résistance annuels et ont assoupli les directives en matière de prêts à risque.

Plusieurs banques ont également franchi des étapes importantes qui ont contribué à l’augmentation des rémunérations de leurs dirigeants. Citigroup, par exemple, a connu sa meilleure performance boursière depuis des années, portée par une restructuration ambitieuse menée par Jane Fraser. Wells Fargo a quant à elle vu la levée d’un plafonnement d’actifs de 2 000 milliards de dollars imposé par les régulateurs suite au scandale des faux comptes.

Jane Fraser et Charlie Scharf ont également obtenu le titre de président du conseil d’administration en plus de leurs fonctions de PDG, une pratique courante chez JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Bank of America et Goldman Sachs. Fraser a également reçu un bonus de rétention de 25 millions de dollars en octobre.

Ces augmentations de salaire soulèvent des questions sur l’équité et la répartition des richesses dans l’économie américaine. Alors que les salaires stagnent pour la majorité des travailleurs, les dirigeants des grandes entreprises continuent de percevoir des rémunérations astronomiques.

[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram sur le sujet, par exemple un graphique comparant les salaires des PDG et des employés moyens.]

Le débat sur la rémunération des dirigeants est loin d’être clos, et ces chiffres devraient alimenter les discussions sur la nécessité d’une plus grande régulation et d’une meilleure répartition des bénéfices dans le secteur financier.

[Lien vers un rapport du Bureau of Labor Statistics sur les salaires et les inégalités de revenus aux États-Unis : https://www.bls.gov/iif/ ]

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