Saint-Gilles : un projet éolien relancé par EDF et le Connectif

L’entreprise EDF Solutions électriques et le Connectif des sommets prévoient d’implanter une vingtaine d’éoliennes sur un terrain forestier de 8000 hectares à Saint-Gilles, appartenant au Fonds de solidarité FTQ, avec un dépôt de projet attendu d’ici le 26 février 2027 auprès d’Hydro-Québec.

Un projet éolien de 150 mégawatts refait surface à Saint-Gilles, dans la MRC de Lotbinière, ciblant un territoire forestier de 8000 hectares situé aux limites de Dosquet et de Saint-Agapit, selon les informations rapportées par Radio-Canada. Le plan prévoit l’installation de 20 à 26 éoliennes qui pourraient être raccordées au poste de Dosquet.

Une première mouture de cette initiative avait déjà été proposée à la société d’État en 2023, mais elle n’avait pas été retenue, d’après Jérôme Dagenais, gestionnaire du développement chez EDF Solutions électriques. La taille finale du parc pourrait d’ailleurs encore varier si Hydro-Québec optait pour une puissance moindre.

L’implication du Connectif des sommets et les redevances

Cette nouvelle tentative s’accompagne de l’arrivée d’un nouveau partenaire, le Connectif des sommets. Formée en mai, cette régie intermunicipale vise à développer les énergies renouvelables en collaboration avec les MRC de Lotbinière, des Appalaches et de L’Éralbe, sur le modèle de l’Alliance de l’énergie de l’Est.

D’après les précisions de Jérôme Dagenais, la moitié des revenus générés par la vente d’électricité du projet de Saint-Gilles irait directement au Connectif des sommets. Les conseils des Abénakis d’Odanak et de Wôlinak devraient également toucher des parts de ces revenus.

Toutefois, le terrain visé appartient depuis 2008 au Fonds de solidarité FTQ et est géré par Solifor, une société de gestion d’actifs forestiers. Les redevances d’indemnisation qui reviennent habituellement aux propriétaires privés iront donc exclusivement à cette multinationale, ce qui suscite des regrets chez certains riverains.

Je trouve ça dommage que les revenus engendrés par les éoliennes aillent à une multinationale plutôt qu’à des privés qui pourraient en bénéficier.

Alain Aubert, citoyen propriétaire d’une terre voisine

Acceptabilité sociale et partage des risques

Du côté des municipalités, l’union est perçue comme un moyen d’amortir les aléas financiers. On ne se cachera pas qu’à trois MRC ensemble, on partage le risque, a souligné Daniel Turcotte, préfet de la MRC de Lotbinière, en évoquant les coûts liés aux firmes de communication et à l’organisation de consultations publiques, tout en soulignant qu’une production fluctuante ou un bris d’éolienne serait ainsi mieux absorbé par une stabilité globale des revenus.

Le maire de Saint-Gilles, Jessy Grondin, en poste depuis novembre 2025, a affirmé vouloir s’assurer de l’acceptabilité sociale du dossier face aux répercussions sonores, visuelles et environnementales. Des doutes persistent également chez des résidents comme Nicole Bourget, qui redoute des impacts négatifs sur la pratique de la chasse dans cette forêt exploitée à la fois par l’industrie forestière et fréquentée par les chasseurs.

Cinq projets éoliens au total sont présentement examinés par le Connectif des sommets dans la région de Chaudière-Appalaches, en vue d’un dépôt officiel auprès d’Hydro-Québec prévu au plus tard le 26 février 2027.

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