Le Hamas prévoit de participer aux élections législatives palestiniennes fixées au 28 novembre 2026, selon une annonce faite par un haut responsable du groupe à la télévision Al-Aqsa.
Le paysage politique palestinien s’apprête à connaître un tournant majeur. Cette échéance électorale relance les dynamiques de participation des différentes factions et redéfinit les équilibres institutionnels dans les territoires.
Un décret présidentiel redessine le Parlement à 132 sièges
Le président palestinien Mahmoud Abbas a pris une décision décisive en matière électorale. Mardi, il a publié un décret rapporté par l’Agence Anadolu qui rétablit à 132 le nombre de sièges au sein du Conseil législatif palestinien. Cette mesure annule la loi adoptée en juin dernier qui prévoyait d’élargir l’assemblée à 200 membres.
La Commission centrale des élections a confirmé avoir reçu ce nouveau texte législatif. Tout en annulant l’amendement précédent, le décret préserve plusieurs dispositions introduites en juin. Parmi celles-ci figurent l’abaissement de l’âge minimum des candidats de 28 à 23 ans, l’obligation d’inclure des femmes sur les listes électorales, et le maintien d’un seuil électoral.
De surcroît, le texte impose aux listes candidates de s’engager formellement envers l’Organisation de libération de Palestine (OLP), reconnue comme le représentant légitime du peuple palestinien, ainsi qu’envers son programme national et les résolutions internationales. Les candidats se voient par ailleurs interdire de briguer simultanément la présidence et un siège parlementaire.
La stratégie du Hamas et la question de la participation électorale
L’annonce de la participation du Hamas est intervenue lors d’une intervention de Husam Badran, membre du bureau politique du mouvement, sur la chaîne Al-Aqsa TV. L’organisation islamiste envisage de se présenter à travers une large coalition nationale. Selon Husam Badran, ces élections constituent une occasion historique d’apporter un changement dans la situation palestinienne et de mettre fin à l’unilatéralisme dans la décision nationale qui perdure depuis deux décennies, d’après les propos rapportés.
Badran claimed that the PA’s Central Elections Commission and judicial bodies are functioning to ensure Palestinians can freely choose their political program” et à sélectionner leur direction. Husam Badran, membre du bureau politique du Hamas

Les analystes divergent toutefois sur la forme exacte que prendra cette participation. Prof. Kobi Michael, chercheur principal à l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS), estime que les déclarations de Husam Badran pourraient indiquer la formation d’une nouvelle entité politique ou une alliance avec Mohammed Dahlan, une figure du Fatah en exil. Selon le chercheur, ce nouveau parti acceptera les conditions d’Abou Mazen, tandis que le Hamas pourra continuer de proclamer qu’il ne s’est pas retiré de ses principes et de son idéologie de résistance, tout en exprimant son scepticisme quant à une participation du Hamas sous sa propre étiquette sans admettre les conditions fixées par la présidence palestinienne.
Dans le même sens, Harel Chorev, chercheur au Centre Moshe Dayan, qualifie cette démarche d’expression d’une faction dite pragmatique au sein du Hamas. Ces membres estiment que la donne a considérablement changé après le 7 octobre, privilégiant désormais l’action politique à l’activité militaire tout en maintenant leurs objectifs fondamentaux.
Calendrier électoral et priorités politiques centrées sur Al-Aqsa
La Commission centrale des élections poursuit son calendrier en vue du scrutin de novembre. Les inscriptions sur les listes électorales en personne et en ligne débuteront le 15 août et s’étaleront sur cinq jours. Les listes disposeront ensuite de trois jours pour compléter ou rectifier leurs dossiers de candidature.
Sur le plan thématique, le Hamas entend faire de la mosquée Al-Aqsa et de Jérusalem le cœur de ses priorités. Husam Badran a affirmé que ce lieu saint symbolise le noyau du conflit avec Israel, accusant l’État hébreu d’exploiter la situation à Gaza pour modifier le statu quo sur le site de la mosquée. Les tensions autour de l’esplanade des Mosquées, administrée par le Waqf jordanien et soumise au contrôle sécuritaire israélien, restent vives en raison de la présence accrue des fidèles juifs et des prières.
Les territoires palestiniens demeurent marqués par la division institutionnelle et géographique instaurée en 2007, date à laquelle le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza, tandis que l’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah administre une partie de la Cisjordanie occupée. L’évolution de ce scrutin permettra de mesurer la portée des nouvelles dispositions électorales et la capacité des différentes forces politiques à surmonter deux décennies de rupture.
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