Économie russe : Prévisions de stagnation pour les trois prochaines années
Moscou – Les perspectives économiques de la Russie s’assombrissent,avec des prévisions de croissance économique considérablement revues à la baisse par plusieurs institutions clés. Les estimations divergent, mais convergent vers un tableau de stagnation ou de croissance très limitée pour les trois prochaines années.
Le Center de développement HSE-1 anticipe une croissance du PIB comprise entre 0,7% et 1% cette année, qui devrait ralentir à 1,4-1,7% en 2026, puis à 1,3-1,7% en 2027, et enfin à 1,5-1,9% en 2028. Ces prévisions sont plus pessimistes que celles du consensus de 33 analystes interrogés par la Banque centrale, qui prévoit une croissance de 1,2% cette année, 1,6% l’année prochaine et 1,9-2% en 2027-2028. L’économiste en chef de T-Investments, Sofya Donets, est encore plus pessimiste, prévoyant une croissance inférieure à 1% pour cette année et l’année prochaine.
Le gouvernement russe affiche un optimisme prudent. Le ministère du Développement économique prévoit une croissance de 1% cette année et de 1,3% par la suite, avec une accélération à 2,8% et 2,5% dans les années suivantes. La Banque centrale, quant à elle, table sur une croissance de 2% cette année, de 0,5 à 1,5% en 2026 et de 1,5 à 2,5% en 2027-2028.
Cette divergence des prévisions reflète une économie russe de plus en plus fragmentée. les industries civiles sont en déclin, tandis que les secteurs liés au complexe militaro-industriel affichent une croissance.Selon l’analyste en chef de Promsvyazbank, Denis Popov, un tiers des revenus du secteur réel proviennent d’industries soumises à un stress financier critically important.
Contexte et implications à long terme :
L’économie russe est confrontée à des défis structurels profonds,exacerbés par les sanctions internationales et les perturbations liées au conflit en Ukraine. La dépendance aux exportations d’hydrocarbures, la faible diversification économique et le manque d’investissements étrangers sont autant de facteurs qui limitent le potentiel de croissance à long terme.
La réorientation de l’économie vers le secteur militaire, bien que stimulant la production dans certains domaines, risque de compromettre le développement des industries civiles et de freiner l’innovation. La réduction des investissements,même temporaire,pourrait avoir des conséquences négatives sur la productivité et la compétitivité de l’économie russe.
La capacité du gouvernement russe à stimuler la demande intérieure et à attirer les investissements sera cruciale pour éviter une stagnation prolongée. Cependant, les perspectives d’amélioration à court terme restent incertaines, compte tenu du contexte géopolitique et des défis économiques internes.
