L’effondrement de l’alliance de Poutine : de Damas à Téhéran, Moscou voit son influence s’amenuiser
Par Antoine Dubois, Chef de la section Divertissement, nouvelles-du-monde.com
L’échiquier géopolitique mondial est en pleine mutation, et Vladimir Poutine voit son réseau d’alliés s’effondrer à un rythme alarmant. La mort de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, marque le troisième revers majeur pour Moscou en un peu plus d’un an, après les défections de Bachar al-Assad en Syrie et la capture de Nicolás Maduro au Venezuela. Ces événements, loin d’être isolés, révèlent une stratégie russe visant à contourner les institutions internationales qui semble aujourd’hui se retourner contre elle.
En décembre 2024, Bachar al-Assad, protégé par le Kremlin pendant plus d’une décennie, a été chassé du pouvoir par des milices rebelles. Un an plus tard, Nicolás Maduro, principal allié de Poutine en Amérique du Sud, était capturé par les États-Unis. Ces dirigeants, comme Khamenei, étaient essentiels aux efforts russes pour déjouer les cadres multilatéraux existants en matière de commerce et de sécurité, perçus comme dominés par Washington.
La perte de ces alliés n’est pas seulement un revers diplomatique, mais aussi une remise en question de la position de la Russie sur la scène internationale. "Nous avons tous perdu ce que l’on appelle le droit international", a déclaré le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, en réaction aux attaques américaines et israéliennes contre l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a même appelé les États-Unis à "expliquer ses plans et la manière dont ils correspondent aux règles qui existaient auparavant". Un sentiment d’impuissance semble gagner Moscou, où l’on observe une résignation face à la domination américaine.
Ukraine : la priorité absolue qui éclipse tout le reste
L’obsession de la Russie pour le conflit en Ukraine a exacerbé cette situation. Depuis 2022, les ressources et l’attention du pays sont entièrement concentrées sur ce front, reléguant au second plan les autres enjeux internationaux. "L’issue de cette guerre représentera le verdict ultime sur la puissance russe et la manière dont elle est perçue dans le monde", explique Notte, un analyste géopolitique.
Dans ce contexte, Donald Trump est perçu à Moscou comme le dernier espoir de parvenir à un résultat favorable en Ukraine. La stratégie de Poutine reste donc de maintenir la pression et d’augmenter les coûts pour l’Ukraine et l’Europe, dans l’espoir que l’ancien président américain les "ramènera à la raison". "Notre direction est tellement concentrée sur la question de l’Ukraine que tout le reste semble secondaire", confie une source au sein du ministère russe des Affaires étrangères.
Profiter de la crise : les opportunités énergétiques pour Moscou
Malgré les revers diplomatiques, la Russie tente de tirer profit de la situation. La guerre en Iran a notamment entraîné une flambée des prix du pétrole, qui sont passés de moins de 70 dollars le baril à près de 120 dollars avant de se stabiliser autour de 90 dollars. Contrairement à d’autres pays, les exportations russes ne sont pas affectées par les blocages du détroit d’Ormuz, grâce à des routes alternatives via le Bosphore ou des pipelines terrestres.
Alexandra Prokopenko, ancienne conseillère de la banque centrale russe, estime que, si les prix actuels se maintiennent, la Russie pourrait enregistrer un revenu supplémentaire de 3,5 milliards de dollars par mois, soit jusqu’à un tiers du coût mensuel estimé de la guerre en Ukraine. Une manne financière qui permet à Moscou de poursuivre ses efforts militaires tout en cherchant à consolider sa position sur le marché mondial de l’énergie.
L’arrivée de Mojtaba Khamenei, fils de l’ayatollah défunt, au poste de guide suprême iranien laisse présager une période d’instabilité accrue. "Un Iran faible, instable et affaibli est exactement le type d’État qui aura de plus en plus besoin de la Russie et de la Chine", souligne Notte. Moscou compte donc sur cette nouvelle donne pour renforcer son influence dans la région et maximiser ses bénéfices.
