Royaume-Uni : Des citoyens binationaux risquent de se voir refuser l’entrée sur le territoire dès mercredi
LONDRES – Des citoyens britanniques possédant une deuxième nationalité pourraient se voir refuser l’entrée au Royaume-Uni à partir de mercredi, a confirmé le ministère de l’Intérieur. La nouvelle réglementation exige que les voyageurs présentent un passeport britannique valide ou un certificat prouvant leur droit d’entrée, suscitant l’inquiétude et la confusion parmi les personnes concernées.
Le gouvernement a ignoré les appels de familles, des Libéraux-Démocrates et de l’ancien ministre conservateur David Davies pour une période de grâce afin de permettre aux citoyens binationaux de s’adapter aux nouvelles règles. Ceux qui ne peuvent pas présenter les documents requis pourraient se voir refuser l’embarquement sur un vol, un ferry ou un train.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré que le Royaume-Uni adopte un système d’immigration numérique modernisé pour renforcer la sécurité aux frontières. « À partir du 25 février, les transporteurs internationaux vérifieront la validité des autorisations de voyage de tous les passagers, comme ils le font actuellement pour les ressortissants soumis à l’obligation d’un visa », a-t-il précisé.
Selon le ministère, un passeport étranger endossé d’un certificat de droit peut également être accepté. Les transporteurs pourraient, à leur discrétion, accepter certains passeports britanniques expirés datant de 1989 ou après, accompagnés d’un passeport étranger valide dont les données biographiques correspondent.
Plusieurs citoyens binationaux ont contacté les médias pour exprimer leur détresse face à cette nouvelle règle, dont ils n’auraient été informés que récemment. Des histoires poignantes ont émergé : un homme a annulé son vol pour assister aux funérailles de son père, une famille a manqué le 80e anniversaire d’un grand-parent, et un autre a annulé un voyage de noces en Espagne.
David Davies a soulevé le problème après qu’une de ses électrices vivant aux Pays-Bas lui a fait part de son incapacité à rendre visite à sa mère mourante dans une maison de retraite au Yorkshire, son passeport étant bloqué en attendant son renouvellement. Un couple britannique en lune de miel en Nouvelle-Zélande s’est également vu contraint d’interrompre ses vacances et d’annuler son hébergement pour rentrer chez lui avant l’entrée en vigueur de la nouvelle règle.
Bien que les règles aient été publiées sur le site web du gouvernement en novembre, elles n’ont pas été communiquées efficacement aux personnes susceptibles d’être concernées. Beaucoup ont déclaré n’en avoir eu connaissance qu’après un reportage dans les médias le 13 février.
Une alternative au passeport britannique est l’obtention d’un certificat de droit, qui coûte 589 £. Cependant, les citoyens binationaux se plaignent du délai de délivrance, pouvant aller jusqu’à huit semaines, et du coût élevé par rapport aux 16 £ d’une autorisation de voyage électronique disponible pour les touristes.
Le ministère de l’Intérieur a reconnu que ces règles représentent un changement important et a fourni des directives temporaires supplémentaires aux transporteurs concernant les documents alternatifs possibles, y compris les passeports britanniques expirés. Toutefois, la décision finale d’accepter ou non ces documents alternatifs revient aux transporteurs.
Cette situation souligne l’importance pour les citoyens binationaux de vérifier leurs documents de voyage et de s’assurer qu’ils sont conformes aux nouvelles exigences pour éviter tout problème lors de leurs déplacements vers le Royaume-Uni.
