La Lituanie et la Lettonie font face à une augmentation notable des cas de tularémie, une zoonose rare transmise notamment par les rongeurs, les tiques et le gibier. Selon le Centre national de gestion des maladies transmissibles, le pays a enregistré 27 cas l’an dernier, contre 25 cas en 2024.
Les données communiquées au portail Delfi par Milda Žygutienė, spécialiste principale au département de gestion des maladies transmissibles du Centre national de santé publique (NVSC), mettent en lumière une tendance à la hausse dans l’ensemble de la région baltique. Cette pathologie parasitaire touche les hommes à un taux deux à trois fois supérieur à celui des femmes, les chasseurs et les pêcheurs s’avérant particulièrement exposés en raison de la manipulation des animaux.
Une hausse marquée de la tularémie en Lituanie et en Lettonie
La situation épidémiologique montre un changement net par rapport à la décennie précédente. Entre 2010 et 2021, la Lituanie n’a recensé que des cas sporadiques, totalisant 41 cas sur toute cette période. Cependant, l’année 2022 a marqué une rupture avec 15 cas détectés, soit un taux de morbidité de 0,53 pour 100 tūkst. gyventojų.
La progression s’est confirmée par la suite. D’après les chiffres du NVSC, l’année 2024 a enregistré 25 cas, ce qui représente un taux de morbidité de 0,87 pour 100 tūkst. gyventojų, tandis que l’année dernière a porté ce total à 27 cas, soit 0,93 cas pour 100 tūkst. gyventojų. Aucun décès lié à cette maladie n’a été répertorié entre 2021 et 2025.
Ce phénomène s’observe également de l’autre côté de la frontière. En Lettonie, le Centre de prévention et de contrôle des maladies a dénombré 17 cas de tularémie pour la seule année en cours, un chiffre inédit sur les dix dernières années. Entre 2015 et 2024, le pays voisin n’avait comptabilisé que 7 cas au total, avant d’en enregistrer 11 l’année dernière.
Des modes de transmission multiples et des facteurs complexes
Contrairement à d’autres infections véhiculées par les vecteurs, la tularémie se caractérise par la diversité de ses voies de contamination. Milda Žygutienė souligne que ce regain ne concerne pas seulement la Lituanie et la Lettonie, mais touche également d’autres pays, notamment en Scandinavie.
Milda Žygutienė, spécialiste principale au département de gestion des maladies transmissibles du NVSC, a indiqué qu’il serait vraiment très complexe de relier cela à un facteur précis, car il existe une très grande variété de modes de contamination par la tularémie, ajoutant que l’on ne peut pas le constater de la même manière qu’en cas d’encéphalite à tiques ou de maladie de Lyme, où la maladie se propage principalement par la piqûre d’une tique, tandis qu’ici, d’autres hématophages peuvent intervenir, de même que des rongeurs et d’autres animaux, en particulier lors de leur transformation après la chasse.
Bien que la tularémie puisse être transmise par des tiques, l’experte invite à ne pas l’assimiler à l’encéphalite à tiques ou à la maladie de Lyme. Le point commun entre ces affections réside dans leur statut de zoonoses impliquant des animaux dans leur cycle de transmission, mais la tularémie implique de surcroît des rongeurs, d’autres animaux sauvages et des contacts lors de la manipulation du gibier.
Évolution contrastée des cas d’encéphalite à tiques
À l’inverse de la tularémie, l’encéphalite à tiques et la maladie de Lyme affichent des dynamiques différentes en Lituanie. Pour la période allant de janvier à juillet de cette année, le NVSC a dénombré 244 cas d’encéphalite à tiques, accompagnés de 3 décès.

Milda Žygutienė observe un recul de la morbidité après un pic atteint en 2023. Les années 2024 et 2025 ont enregistré des baisses successives, et les données des sept premiers mois de l’année confirment cette diminution par rapport à l’exercice précédent. Les autorités sanitaires estiment que cette baisse pourrait résulter d’une meilleure couverture vaccinale, favorisée notamment par la prise de conscience de la population et par le programme national de vaccination gratuite ciblant la tranche d’âge de 50 à 55 ans.
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