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Roumanie : déficit budgétaire baisse de plus de 40 % en 5 mois

Une réduction drastique du déficit budgétaire

Le premier ministre par intérim Ilie Bolojan a annoncé, le 27 juin 2026, que le déficit budgétaire de la Roumanie a chuté de plus de 40 % au cours des cinq premiers mois de l’année. Passant de 64 milliards à environ 36 milliards de lei, cette correction majeure signale un changement de trajectoire pour les finances publiques.

Une réduction drastique du déficit budgétaire

Une réduction drastique du déficit budgétaire
Photo: Ziarul Financiar
Les données les plus récentes du ministère des Finances révèlent un ajustement budgétaire significatif pour la Roumanie. Selon les chiffres publiés par Digi24, le déficit s’est établi à 35,94 milliards de lei au 31 mai 2026, soit 1,75 % du PIB. À titre de comparaison, la même période en 2025 affichait un déficit de 64,23 milliards de lei, représentant 3,35 % du PIB. Cette amélioration ne résulte pas d’un gel des investissements publics. Le ministre des Finances, Alexandru Nazare, précise que la réduction provient d’un contrôle plus strict des dépenses courantes et d’une utilisation optimisée des fonds européens ainsi que du Plan National de Relance et de Résilience (PNRR).
Indicateur budgétaire (Janv-Mai) 2025 2026
Déficit (milliards de lei) 64,23 35,94
Poids du déficit (% du PIB) 3,35 % 1,75 %
Les recettes totales ont également progressé de 9,2 %, atteignant 279,49 milliards de lei. Cette hausse est portée par une dynamique fiscale solide :
  • L’impôt sur les salaires et les revenus a bondi de 13,7 %.
  • L’impôt sur les dividendes a enregistré une hausse spectaculaire de 40,9 %.
  • Les recettes nettes de la TVA ont augmenté de 22,9 %.

L’impact positif sur les marchés financiers

Les marchés financiers roumains ont réagi avec optimisme à ces nouvelles données. Comme l’indique Ziarul Financiar, le rendement des obligations d’État à dix ans a chuté de 6,95 % à 6,79 % en une seule séance, une baisse de 16 points de base. Parallèlement, l’indice BET de la Bourse de Bucarest a progressé de 2,3 %, atteignant 31 800 points. Cette baisse du coût de l’emprunt est l’une des évolutions les plus marquantes de la période. Le coût de financement de l’État est désormais inférieur à ce qu’il était à n’importe quel moment au cours des dix-huit derniers mois. Deux facteurs ont alimenté cette euphorie boursière : les chiffres du déficit et le versement de dividendes massifs par des entreprises d’État. Hidroelectrica a distribué un dividende brut de 7,35 lei par action, injectant plus de 3,3 milliards de lei dans l’économie, dont 2,65 milliards de lei pour l’État. Electrica a également contribué à hauteur de 100 millions de lei.

“Je pense que le moteur de cette croissance est constitué par les dividendes. La nouvelle concernant le déficit peut compléter ce qui s’est passé aujourd’hui.”

L'impact positif sur les marchés financiers
Photo: Digi24
Marcel Murgoci, courtier chez Estinvest, via Ziarul Financiar

Le diagnostic d’Ilie Bolojan : une guérison fragile

Malgré ces indicateurs positifs, le premier ministre par intérim Ilie Bolojan adopte une posture de prudence. Dans une déclaration relayée par Agerpres, le leader du PNL compare la gestion budgétaire à un processus médical délicat.

“La correction du déficit ressemble au traitement d’une maladie. Pour se sentir mieux et guérir, il se peut qu’on se sente plus mal lors de la première étape du traitement. C’est le chemin vers la guérison.”

Roumanie : le gouvernement approuve un plan pour réduire le déficit budgétaire de l'État
Ilie Bolojan, Premier ministre par intérim, via Agerpres Bolojan avertit que les efforts de consolidation ne sont pas acquis. Il craint que les dérives passées ne compromettent la stabilité retrouvée.

“La maladie peut revenir. Le populisme, le clientélisme et le gaspillage peuvent nous ramener au pied du mur.”

Ilie Bolojan, Premier ministre par intérim, via Agerpres

Un climat politique en pleine impasse

Cette amélioration économique intervient dans un contexte de paralysie politique profonde. La formation d’un nouveau gouvernement est actuellement bloquée par des désaccords fondamentaux entre les principales forces politiques. Selon les informations de HotNews, le PSD a proposé Sorin Grindeanu pour le poste de Premier ministre. Cependant, une coalition composée du PNL, de l’USR et de l’UDMR soutient la candidature de l’eurodéputé Ilie Siegfried Mureșan. Les discussions récentes menées par le président Nicușor Dan au Palais Cotroceni n’ont abouti à aucun compromis. Cette incertitude institutionnelle pourrait peser sur la pérennité de la discipline budgétaire. Adrian Codirlaşu, lecteur à l’ASE, souligne que le déficit reste un niveau insoutenable et demeure le principal moteur de l’inflation en Roumanie. Tant que la réduction du déficit ne sera pas consolidée sur le long terme, la pression sur les prix et la stabilité macroéconomique pourrait s’intensifier.

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