Le principal chef de l’opposition indienne, Rahul Gandhi, a appelé le mardi 21 juillet à la démission du Premier ministre Narendra Modi. Cette demande fait suite à une répression musclée exercée par la police contre une manifestation d’étudiants à New Delhi, un événement décrit comme l’un des plus importants depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, selon rfi.fr.
Une mobilisation étudiante réprimée
Le lundi précédent, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la capitale indienne à l’appel du « Parti des cafards » (CJP), un mouvement de contestation lancé en mai par un étudiant fraîchement diplômé aux États-Unis. Les manifestants demandaient des réformes du système universitaire et le renvoi du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes massives aux examens nationaux. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et a chargé les manifestants à coups de bâton pour les empêcher de marcher vers le Parlement fédéral, rapporte france24.com.
Le bilan des victimes fait l’objet de versions divergentes :
- La police : au moins 180 blessés.
- Les étudiants et organisateurs : « des centaines » de blessés, une évaluation étant toujours en cours.
L’offensive politique de Rahul Gandhi
Rahul Gandhi, membre du parti du Congrès et chef de l’opposition à la Chambre basse, a affirmé via les réseaux sociaux que Narendra Modi doit démissionner « pour avoir détruit l’avenir de la jeunesse indienne ». Il a également critiqué le refus du gouvernement de débattre de cette question au Parlement, s’interrogeant sur l’utilité de l’institution si elle ne peut discuter de l’avenir des jeunes.

Pour marquer sa contestation, Rahul Gandhi a organisé un sit-in devant la résidence du Premier ministre. Au cours de cet événement, lui-même, sa sœur Priyanka ainsi que d’autres parlementaires de l’opposition ont été emmenés de force par la police de New Delhi. Sonia Gandhi, figure tutélaire du Parti du Congrès et mère des deux dirigeants, s’est déplacée sur leur lieu de détention. Bien que libérés quelques heures plus tard, la tension demeure maximale dans la capitale.
Origines de la colère et revendications du CJP
Le mouvement du Parti des cafards fédère un ras-le-bol généralisé de la jeunesse face aux difficultés d’accès à un emploi stable et rémunéré, malgré une croissance économique rapide. La colère a été exacerbée par des scandales de fuites d’examens. En mai, une fraude a notamment entraîné l’invalidation d’un examen passé par plus de deux millions de candidats en médecine, un événement qui a conduit plusieurs candidats au suicide selon des médias locaux.

Le fondateur du CJP, Abhijeet Dipke, a exhorté les manifestants, dont des centaines campent toujours sur la place de Jantar Mantar, à ne pas « perdre espoir ». Ashutosh Ranka, responsable du parti, a qualifié la journée de lundi de « jour honteux dans l’histoire de la démocratie indienne ».
Analyse et réactions du gouvernement
Le gouvernement indien a accusé l’opposition de chercher la confrontation. De son côté, Narendra Modi ne s’est pas encore exprimé sur cette mobilisation qui s’amplifie depuis mai. Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CERI et spécialiste de l’Inde, estime que cette situation est un « signe de nervosité ». Selon lui, si le gouvernement persiste dans la répression, il existe un risque d’escalade et de radicalisation dans la rue, pouvant transformer le régime, actuellement hybride ou illibéral, en un régime « purement autoritaire ».
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