Le sprinteur thaïlandais Puripol Boonson a remporté le 25 septembre 2026 la médaille d’or du 100 mètres masculin aux Jeux asiatiques d’Aichi-Nagoya, en s’imposant en 9,90 secondes et en battant par deux fois le record de la compétition au Paloma Mizuho Stadium.
L’athlète de vingt ans a mis fin à une attente de quarante-huit ans pour le sport thaïlandais sur la distance reine. Le dernier titre continental de la Thaïlande dans cette épreuve remontait aux victoires de Suchart Jaesuraphap en 1978 et d’Anan Rattanapol en 1974, selon les archives de l’athlétisme régional. Pour s’imposer sur la piste japonaise, le jeune sprinteur a dû surclasser une concurrence féroce et enchaîner trois courses sous la barre des dix secondes lors de la même compétition.
Trois courses record au Paloma Mizuho Stadium
La domination de Puripol Boonson s’est construite tout au long de journées intenses à Nagoya. Il a d’abord donné le ton dès les séries du jeudi en réalisant un temps de 9,95 secondes, une performance qu’il a lui-même qualifiée d’inattendue à ce stade des qualifications. En demi-finale, le vendredi, il a abaissé le chrono à 9,91 secondes, effaçant des tablettes le précédent record des Jeux codétenu par le Chinois Su Bingtian depuis l’édition de Jakarta en 2018.
Moins de trois heures plus tard, en finale, le prodige thaïlandais a encore amélioré sa marque. Il a bouclé la ligne droite en 9,90 secondes, profitant d’un vent favorable de 0,1 mètre par seconde. La course a pourtant mal débuté pour le futur champion, qui a concédé un départ plus lent que ses rivaux avant de combler son retard grâce à une phase accélérée au milieu de la piste et une fin de parcours tranchante.

Derrière lui, le podium s’est joué à quelques centièmes. Le représentant d’Oman Ali Al Balushi a décroché la médaille d’argent en portant son record personnel à 10,04 secondes, tandis que son compatriote Malham Al Balushi a pris le bronze en 10,11 secondes, également avec un record personnel.
Une ascension fulgurente depuis les Jeux d’Asie du Sud-Est
Ce sacre continental couronne une progression constante amorcée durant l’adolescence. Né en 2006, Puripol Boonson s’est révélé sur la scène internationale lors des Jeux d’Asie du Sud-Est de 2021 à Hanoï — disputés au printemps 2022 — en réalisant un triplé historique sur 100 mètres, 200 mètres et au relais 4×100 mètres. Quelques mois plus tard, ses 10,09 secondes en demi-finale des championnats du monde juniors à Cali en Colombie avaient attiré l’attention internationale.
Le cap symbolique des dix secondes a ensuite été franchi sous les acclamations du public de Bangkok lors de l’édition régionale de 2025, où il a couru en 9,94 secondes en série avant de s’imposer en finale.
“À ces Jeux asiatiques, j’espère une médaille d’or. Je veux l’or pour le peuple thaïlandais et pour mon pays. Ils attendent de moi que je gagne.”
Puripol Boonson, sprinteur thaïlandais
Le regard tourné vers le record continental de Su Bingtian
Bénéficiaire d’une bourse d’Olympic Solidarity depuis ses débuts, le sprinteur gère la pression médiatique avec une maturité saluée par ses observateurs. Interrogé après sa victoire sur l’attente suscitée par ses performances, il a indiqué à l’agence Reuters qu’il considérait cette attente non pas comme un fardeau, mais comme une source de motivation pour courir plus vite.
L’athlète ne compte pas s’arrêter en route. Alors que son calendrier à Nagoya comporte encore les épreuves du 200 mètres et du relais 4×100 mètres, ses ambitions se portent déjà sur le record d’Asie du 100 mètres. Cette référence absolue, établie à 9,83 secondes, appartient toujours à Su Bingtian. Avec seulement sept centièmes à combler sur cette marque, et au vu de sa courbe de progression, le jeune Thaïlandais s’affirme désormais comme l’une des figures majeures de la vitesse mondiale.
Pour aller plus loin