Prix des carburants aux Pays-Bas : l’essence frôle son record via le Moyen-Orient

Les automobilistes néerlandais subissent une hausse des prix des carburants, avec l’essence Euro95 qui s’approche à nouveau de son record historique de la fin septembre. Cette augmentation s’explique par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la flambée des coûts de transport maritime.

La flambée des prix touche l’Euro95 et le gazole aux Pays-Bas

La hausse des prix à la pompe s’accélère à nouveau aux Pays-Bas. La veille, le prix affichait déjà 2,714 euros après une première progression de 1,3 cent.

Le gazole suit la même trajectoire ascendante. Pour un litre de gazole, les automobilistes doivent désormais débourser 2,732 euros, marquant une hausse de 0,7 cent par rapport au tarif de jeudi, qui était fixé à 2,725 euros. Les carburants dits premiums atteignent des sommets encore plus élevés : la super-essence premium s’établit à 2,942 euros le litre, tandis que le gazole premium se négocie à 2,822 euros, d’après les données de la plateforme de consommateurs.

Les automobilistes ressentent toujours plus fortement les répercussions de la guerre au Moyen-Orient directement à la station-service. L’ensemble des cours du pétrole et du gaz s’affiche en progression, tandis que le transport par navire citerne atteint des niveaux sans précédent selon ING.

Prix des carburants aux Pays-Bas : l'essence frôle son record via le Moyen-Orient
Photo : bnr.nl

Le transport maritime et les tensions géopolitiques pèsent sur les coûts

Cette accélération des prix fait suite à un bond soudain des cours du pétrole brut enregistré jeudi, un contrecoup direct des conflits et de l’instabilité persistante au Moyen-Orient.

Rico Luman, économiste au sein de la banque ING, pointe un facteur souvent sous-estimé par le grand public : la situation critique sur le marché des navires citernes. La forte demande en transport maritime de pétrole brut a fait exploser les tarifs de location des pétroliers.

Prix des carburants aux Pays-Bas : l'essence frôle son record via le Moyen-Orient
Photo : RijschoolPro

« La ouverture d’un corridor protégé à travers les eaux d’Oman permet des exportations supplémentaires de pétrole brut et une hausse du trafic maritime, mais exerce également une pression accrue sur un marché déjà saturé. »

Rico Luman, économiste chez ING, via BNR

Concrètement, l’affrètement d’un pétrolier coûte actuellement en moyenne un demi-million de dollars par jour. Ce tarif représente environ dix fois la moyenne observée l’année précédente, une charge financière colossale qui se répercute inévitablement sur le produit raffiné final et pèse lourdement sur la facture des conducteurs à la pompe.

Les marges de raffinage et les solutions face à la facture

À cette cherté du transport s’ajoutent des marges bénéficiaires particulièrement soutenues de la part des entreprises pétrolières, notamment au stade du raffinage, qui continuent de propulser les prix vers le haut. La situation est encore aggravée par de récentes informations rapportant que la Maison-Blanche a demandé au Pentagone d’étudier des options d’attaques potentielles contre l’Iran, accentuant la nervosité des marchés.

L’ancien pic de la fin septembre s’établissant à 2,730 euros le litre pour l’Euro95, des solutions d’atténuation existent pour les usagers de la route. L’autorité de régulation ACM rappelle que les montants affichés correspondent à des prix conseillés, pratiqués le plus souvent le long des axes autoroutiers et dans les stations les plus onéreuses.

En comparant les tarifs locaux et en optant pour une station-service moins chère, un automobiliste peut réaliser une économie sensible d’environ 12,50 euros lors du remplissage complet d’un réservoir.

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