Percée scientifique : Une alternative aux antibiotiques pour lutter contre la mammite bovine
Singapour – Une équipe de recherche internationale, dirigée par l’Université technologique de Nanyang (NTU) à Singapour, a mis au point une nouvelle classe de composés antimicrobiens prometteurs pour prévenir la mammite bovine, une infection courante et coûteuse des mamelles des vaches laitières. Cette découverte intervient à un moment critique, alors que la résistance aux antibiotiques augmente et que les préoccupations concernant les résidus d’antibiotiques dans le lait se multiplient.
Les nouveaux composés, appelés « acides carbonés oligoimidazolium », agissent selon un mécanisme inédit pour empêcher l’infection.Contrairement aux antibiotiques traditionnels, ils ne semblent pas affecter la qualité du lait, comme l’indiquent les premiers tests.
La mammite bovine, une infection bactérienne qui réduit significativement la production laitière, représente un défi majeur pour l’industrie laitière mondiale depuis des décennies. L’utilisation intensive d’antibiotiques pour la traiter a conduit à l’émergence de souches bactériennes résistantes, compromettant l’efficacité des traitements et soulevant des inquiétudes sanitaires publiques.
Cette nouvelle approche offre une alternative potentiellement plus sûre et plus durable. L’intérêt pour ces composés est déjà manifeste, avec des entreprises agricoles en Australie, en Belgique, en malaisie et en Nouvelle-Zélande exprimant leur intérêt pour leur adoption.
Le projet de recherche a été mené en collaboration avec le groupe de recherche interdisciplinaire sur la résistance aux antimicrobiens de l’Alliance Singapour-MIT pour la recherche et la technologie (SMART), une entreprise de recherche du Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Singapour. Les professeurs Mary Chan (École de chimie, de génie chimique et de biotechnologie de NTU Singapour) et Kevin Pethe (École de médecine Lee Kong Chian de NTU) ont co-dirigé l’équipe.
Contexte et enjeux de la mammite bovine :
La mammite est l’inflammation de la mamelle, généralement causée par une infection bactérienne. Elle est l’une des maladies les plus courantes et les plus coûteuses en production laitière. Outre la diminution de la production de lait, la mammite peut entraîner une baisse de la qualité du lait, des coûts de traitement vétérinaire élevés et, dans les cas graves, la perte de la vache.
La prévention de la mammite repose traditionnellement sur une bonne hygiène, une gestion appropriée des vaches et l’utilisation d’antibiotiques. Cependant, la réduction de l’utilisation d’antibiotiques est devenue une priorité mondiale pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens, un problème de santé publique majeur.
Cette nouvelle découverte représente une avancée significative dans la recherche de solutions alternatives pour protéger la santé des vaches laitières et garantir la sécurité de l’approvisionnement laitier. Le développement de ces nouveaux antimicrobiens pourrait contribuer à une industrie laitière plus durable et plus résiliente face aux défis futurs.
