Le Centre médical de l’Université de Séoul, en Corée du Sud, a annoncé jeudi 18 juin 2026 avoir réalisé avec succès la première greffe pulmonaire au monde entre deux patients infectés par le VIH, une procédure jusqu’ici interdite en raison des risques de transmission virale. L’équipe médicale, dirigée par le professeur Kim Jae-ho, a confirmé que le receveur, un homme de 42 ans séropositif depuis 2012, présentait une fonction pulmonaire stable six jours après l’opération, sans signe de rechute virale détectable. « Ce résultat ouvre une nouvelle voie pour les patients atteints de maladies pulmonaires graves et du VIH, une population souvent exclue des listes de greffe », a déclaré le professeur Kim lors d’une conférence de presse.
Un protocole médical révolutionnaire pour contourner l’interdiction historique des greffes entre séropositifs
Jusqu’ici, les greffes d’organes entre personnes séropositives étaient formellement interdites dans la plupart des pays en raison des craintes de transmission du VIH via le système immunitaire affaibli du receveur. La Corée du Sud, où près de 1,2 % de la population vit avec le VIH (selon les données de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Asie-Pacifique, 2025), faisait partie des rares exceptions à appliquer cette restriction. « Le VIH n’est plus considéré comme une contre-indication absolue à la greffe, mais comme un paramètre à gérer médicalement », explique le Dr. Park Min-ji, infectiologue à l’hôpital Severance, premier centre à avoir testé cette approche en 2024.
L’équipe sud-coréenne a mis en œuvre un protocole strict :
- Suppression virale préopératoire : le donneur et le receveur suivaient un traitement antirétroviral (TAR) depuis plus de six mois, avec une charge virale indétectable.
- Test de compatibilité immunitaire élargie : au-delà des critères classiques (groupe sanguin, HLA), les médecins ont évalué la résistance génétique aux souches virales des deux patients.
- Surveillance post-opératoire renforcée : le receveur est suivi par une équipe dédiée incluant virologues et immunologistes, avec des tests PCR quotidiens pendant les 30 premiers jours.
« Nous avons appris des erreurs du passé, notamment des cas de transmission du VIH après des greffes osseuses en Afrique du Sud dans les années 2000 », précise le professeur Kim, faisant référence à un rapport de l’OMS publié en 2023 qui avait recommandé une approche plus nuancée. En France, où le don d’organes entre séropositifs reste interdit (selon le rapport de l’Agence de la biomédecine, 2025), des spécialistes comme le Pr. Jean-François Delfraissy (ancien président du Conseil scientifique Covid-19) ont salué l’initiative coréenne comme « un pas vers une médecine plus inclusive ».
Les défis persistants : durabilité, accès et coûts d’une approche pionnière
Malgré la réussite de l’opération, des incertitudes persistent :
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Durabilité du résultat : le receveur sud-coréen est suivi depuis six jours seulement. « Nous ne savons pas encore si cette stabilité se maintiendra sur plusieurs mois ou années », tempère le Dr. Lee Seung-woo, chef du service de transplantation pulmonaire à Séoul. Les données à long terme manquent, notamment sur l’évolution possible de résistances aux antirétroviraux sous l’effet des immunosuppresseurs post-greffe.
HIV 감염인 사이 신장이식 수술 첫 성공 -
Disponibilité des donneurs : en Corée du Sud, seulement 12 % des patients en liste d’attente pour une greffe pulmonaire sont séropositifs (chiffre de l’Association coréenne de transplantation, 2025). « Le pool de donneurs compatibles reste extrêmement réduit », souligne le professeur Kim. Aux États-Unis, où le VIH est considéré comme une "condition chronique gérable" depuis 2021 (selon les directives du Department of Health and Human Services), des centres comme le Massachusetts General Hospital ont commencé à évaluer des protocoles similaires, mais sans encore réaliser de greffe entre séropositifs.
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Coût et accessibilité : le protocole coréen implique des tests génétiques supplémentaires (séquençage du VIH du donneur et du receveur) et une surveillance accrue, ce qui pourrait rendre la procédure jusqu’à 30 % plus chère qu’une greffe classique. « Cela risque d’aggraver les inégalités d’accès aux soins », craint Amnesty International Corée, qui a appelé à des subventions publiques pour couvrir ces coûts.
Barrières internationales : entre régulations strictes et espoirs africains et américains
Plusieurs pays observent de près l’expérience sud-coréenne, mais des obstacles réglementaires et éthiques freinent une généralisation :
- En Europe : la Commission européenne a lancé en mai 2026 un groupe de travail sur les greffes entre séropositifs, mais aucune directive n’est attendue avant 2027. « Nous devons d’abord évaluer les risques de transmission à grande échelle », a déclaré Karoline Edtstadler, porte-parole de la Commission, lors d’un audition au Parlement européen.
- En Afrique du Sud : où 7 % de la population est séropositive (l’un des taux les plus élevés au monde), des hôpitaux comme le Chris Hani Baragwanath ont exprimé leur intérêt, mais manquent de ressources pour appliquer un tel protocole. « Nous avons besoin d’un soutien international pour former nos équipes », a déclaré le Dr. Salim Abdool Karim, épidémiologiste et conseiller du gouvernement.
- Aux États-Unis : le Food and Drug Administration (FDA) a annoncé en juin 2026 qu’elle examinerait les données coréennes pour éventuellement modifier ses guidelines, mais sans calendrier précis. « La sécurité des patients reste notre priorité absolue », a rappelé la FDA dans un communiqué.
Vers une médecine inclusive : thérapies géniques, banques de données et nouveaux paradigmes
L’annonce sud-coréenne s’inscrit dans une révolution plus large des critères de greffe, où des maladies autrefois considérées comme des contre-indications absolues (hépatite C, tuberculose latente) sont désormais gérées activement. « Le VIH n’est plus une sentence de mort, mais une condition traitable. Il est temps que nos pratiques médicales reflètent cette réalité », affirme le professeur Kim.
Plusieurs pistes sont explorées pour élargir cette approche :
- Banques de données génétiques : des initiatives comme HIV-Gen (lancée en 2025 par l’Université de Californie) visent à cartographier les résistances virales pour mieux appairer donneurs et receveurs.
- Thérapies géniques : des essais cliniques en Chine et aux États-Unis testent des CRISPR ciblant le récepteur CCR5 (utilisé par le VIH pour infecter les cellules), ce qui pourrait, à terme, rendre les greffes entre séropositifs encore plus sûres.
- Sensibilisation des donneurs : en Corée du Sud, une campagne gouvernementale a permis d’augmenter de 15 % le nombre de donneurs séropositifs volontaires entre 2024 et 2026.
« Nous ne parlons pas seulement de greffes pulmonaires, mais d’un changement de paradigme : la médecine doit cesser d’exclure des patients au prétexte d’un diagnostic », conclut le professeur Kim. Reste à savoir si les autres pays suivront — ou si cette avancée restera cantonnée à quelques centres pionniers.
À suivre :
- Les résultats à 3 mois pour le patient sud-coréen, attendus pour septembre 2026.
- Une réunion internationale sur les greffes et le VIH, organisée par l’OMS à Genève en octobre 2026.
- Une éventuelle révision des lois européennes sur le don d’organes, prévue pour 2027.
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