Premier film de robot au monde découvert (1897)

Découverte exceptionnelle à la Bibliothèque du Congrès : un film de Georges Méliès, possiblement le premier à mettre en scène un robot, ressurgit de l’oubli

WASHINGTON (AP) — Un film perdu de Georges Méliès, pionnier du cinéma, a été redécouvert à la Bibliothèque du Congrès, suscitant l’enthousiasme des historiens du cinéma et des amateurs de science-fiction. « Gugusse et l’Automate », datant de 1897, pourrait contenir la première représentation cinématographique d’un robot, bien avant l’apparition du terme même dans le langage courant.

Méliès, connu pour son œuvre emblématique « Le Voyage dans la Lune » (1902), était un illusionniste de scène avant de se tourner vers le cinéma. Il a rapidement exploré les possibilités narratives et visuelles offertes par le nouveau médium, expérimentant avec des effets spéciaux, des décors élaborés et des costumes extravagants. Ses films, souvent courts, témoignent d’une imagination débordante et d’une fascination pour le fantastique.

La redécouverte de « Gugusse et l’Automate » est d’autant plus remarquable que de nombreuses œuvres de Méliès ont été perdues au fil du temps, leurs pellicules en nitrate se dégradant ou étant recyclées. Sur les 500 films qu’il a réalisés, seulement environ 300 ont survécu. L’histoire de Méliès a été popularisée par le film « Hugo » de Martin Scorsese.

Le film retrouvé met en scène un personnage nommé Gugusse qui actionne une manivelle, donnant vie à un automate (joué par un acteur) qui se transforme d’un jeune garçon en un adulte. Gugusse s’amuse ensuite à frapper l’automate avec un maillet, le faisant rétrécir jusqu’à disparaître. Cette séquence, simple mais inventive, illustre la maîtrise de Méliès dans l’art de l’illusion et son sens de l’humour.

La découverte a été rendue possible grâce à un don inattendu. Bill McFarland, un habitant de Grand Rapids, Michigan, a déposé une boîte de vieilles pellicules à la branche de la Bibliothèque du Congrès en Virginie. Ces films appartenaient à son arrière-grand-père, William Delisle Frisbee, un enseignant et agriculteur qui organisait des projections de films et de phonographes avant la Première Guerre mondiale.

Les archivistes de la Bibliothèque ont soigneusement examiné les bobines, qui étaient fragiles et collées entre elles. Ils ont déterminé qu’il s’agissait d’une copie de copie de « Gugusse et l’Automate », mais qu’il s’agissait de la première fois que le film était vu depuis plus d’un siècle.

La Bibliothèque du Congrès a partagé la nouvelle sur son compte Instagram, suscitant un vif intérêt sur les réseaux sociaux. https://www.instagram.com/p/DVOrfufk_XL/

Bien que le terme « robot » n’ait été inventé qu’en 1920 par l’écrivain tchèque Karel Čapek, les automates, des machines imitant la forme humaine, existaient depuis l’Antiquité. Méliès, en tant qu’illusionniste, était probablement familier avec ces automates et a transposé cette fascination sur le grand écran.

Cette découverte souligne l’importance de la préservation du patrimoine cinématographique et offre un aperçu fascinant des débuts du cinéma et de la science-fiction. « Gugusse et l’Automate » est désormais considéré comme un jalon dans l’histoire du cinéma, et pourrait bien être le premier film à mettre en scène un robot.

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