G7 prête à intervenir face à la flambée des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient
WASHINGTON – Les ministres des Finances du G7 se sont réunis lundi pour discuter d’une éventuelle libération de réserves stratégiques de pétrole, alors que les prix du brut dépassent les 100 dollars le baril. La réunion fait suite à une escalade des tensions au Moyen-Orient, notamment après une frappe israélienne sur des infrastructures pétrolières iraniennes, suscitant des craintes quant à la capacité de l’Iran à rétablir rapidement sa production après la fin des combats.
L’administration Trump a exprimé son mécontentement face à cette frappe israélienne, laissant entrevoir la possibilité de nouvelles attaques contre les infrastructures pétrolières iraniennes. La Chine, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, grands importateurs de pétrole brut, sont particulièrement vulnérables aux chocs pétroliers.
La clé pour stabiliser les prix du pétrole réside dans la réouverture du détroit d’Ormuz, une fois les installations de missiles et de drones iraniennes neutralisées. L’annonce de la nomination de Mojtaba Khamenei, fils de l’Ayatollah, au poste de nouveau Guide suprême, suggère la persistance d’une ligne dure en Iran, rendant un compromis peu probable. Cependant, le temps passé par Mojtaba Khamenei à Londres pour des raisons médicales pourrait nuancer cette perception, laissant entrevoir une possible ouverture à des négociations.
Malgré les tensions, les prix du pétrole se sont stabilisés dans un contexte de chaos régional. La solidité du dollar américain devrait également renforcer la résilience des marchés financiers américains. Le dollar fort pourrait également relancer l’attrait de l’or comme valeur refuge pour les investisseurs inquiets.
L’analyste financier Ed Yardeni de Bloomberg a récemment augmenté à 35% la probabilité d’un effondrement boursier d’ici la fin de l’année, contre 20% précédemment. Il a en revanche réduit à 5% (contre 20%) la probabilité d’un rallye boursier non justifié par les fondamentaux économiques. Yardeni souligne que la persistance du choc pétrolier pourrait placer la Réserve fédérale américaine dans une situation délicate, tiraillée entre le risque d’une inflation accrue et celui d’un ralentissement de la croissance économique.
Néanmoins, Yardeni reste optimiste, attribuant une probabilité de 85% à la poursuite de la croissance économique observée dans les années 2020.
Le G7 a déclaré être prêt à prendre « les mesures nécessaires » pour soutenir l’approvisionnement énergétique mondial, sans toutefois préciser dans l’immédiat les modalités de cette intervention. Les prochaines heures seront cruciales pour déterminer si une libération coordonnée de réserves stratégiques sera mise en œuvre afin de calmer les marchés et d’atténuer l’impact économique de la crise au Moyen-Orient.
