Home NouvellesPérou : Le président intérimaire destitué par le Congrès

Pérou : Le président intérimaire destitué par le Congrès

Le Pérou plongé dans une nouvelle crise politique : le président intérimaire destitué

Lima, Pérou – Le Pérou est à nouveau secoué par une crise politique majeure. Le Congrès péruvien a destitué mardi José Jerí, président intérimaire du pays, seulement quatre mois après sa prise de fonction. La décision fait suite à un scandale lié à des rencontres non déclarées avec des hommes d’affaires chinois.

Cette destitution marque la deuxième fois en moins de six mois qu’un président péruvien est écarté par le Congrès, et la sixième fois en dix ans qu’un chef d’État ne termine pas son mandat. Une instabilité politique chronique qui inquiète le pays et ses partenaires internationaux.

Le vote de destitution, adopté par 75 voix contre 24 avec trois abstentions, s’est appuyé sur sept motions de mise en accusation. Jerí, ancien président du Congrès, avait accédé à la présidence intérimaire en octobre après la destitution de Dina Boluarte.

Fernando Rospigliosi, actuel président du Congrès, aurait dû succéder à Jerí conformément à la Constitution. Cependant, il a renoncé à cette fonction. Le Parlement doit donc choisir un nouveau dirigeant d’ici mercredi soir, les partis ayant jusqu’à 18h heure locale pour présenter leurs candidats.

Un scrutin présidentiel est prévu le 12 avril, et le nouveau président élu prendra ses fonctions le 28 juillet.

Des rencontres secrètes et des accusations de corruption

Le scandale qui a conduit à la destitution de Jerí a éclaté après la diffusion de vidéos le montrant entrant dans des établissements appartenant à Yang Zhihua, un homme d’affaires chinois détenteur d’une concession énergétique et propriétaire de plusieurs commerces. Les images, datant de décembre et de janvier, montrent Jerí portant une capuche et des lunettes de soleil pour dissimuler son identité.

La loi péruvienne exige que les présidents déclarent leurs activités officielles. Jerí n’a pas signalé ces visites à Yang Zhihua, ce qui a soulevé des questions sur une possible influence indue.

Bien qu’il ait reconnu l’authenticité des vidéos, Jerí a nié toute faute. Il a affirmé avoir connu Yang avant d’accéder à la présidence et que l’homme d’affaires lui avait offert des cadeaux – des bonbons et des tableaux – sans exiger de paiement. Il a refusé de fournir ses relevés téléphoniques aux législateurs.

L’affaire a rapidement conduit à des appels à sa démission et à l’ouverture d’une enquête pour corruption par le procureur général. Des informations révélées par la chaîne de télévision Cuarto Poder ont également mis en lumière des visites d’un autre homme d’affaires chinois, Ji Wu Xiaodong, actuellement en résidence surveillée dans le cadre d’une enquête pour exploitation illégale de bois, au palais présidentiel pendant le mandat de Jerí. Jerí a nié avoir une connaissance approfondie de Ji Wu, affirmant qu’il était un ami de Yang.

Un climat politique instable

Les sondages récents, notamment une enquête DATUM (disponible ici : https://www.datum.com.pe/new_web_files/files/opinion/567-1025%20-%20Encuesta%20DATUM%20-%20Febrero%202026%20-%20Informe%20POPULARIDAD_260216085329.pdf), ont révélé une chute de 10 points de la cote de popularité de Jerí depuis le début du scandale, passant de 51% à 41%.

Cette crise s’inscrit dans une longue série de scandales qui ont entaché la présidence péruvienne ces dernières années. Dina Boluarte, prédécesseur de Jerí, avait elle-même été destituée en octobre pour son incapacité à maîtriser la criminalité et les enquêtes pour corruption. Boluarte avait accédé à la présidence en 2022 après la destitution de Pedro Castillo, qui avait tenté de dissoudre le Congrès et de gouverner par décret. Castillo a été condamné à 11 ans de prison pour conspiration et rébellion.

D’autres anciens présidents péruviens ont également été condamnés à de lourdes peines de prison pour corruption, notamment Alejandro Toledo (20 ans de prison) et Ollanta Humala (15 ans de prison).

La situation actuelle souligne la fragilité des institutions péruviennes et la nécessité urgente de réformes pour renforcer la gouvernance et lutter contre la corruption. L’instabilité politique persistante menace la croissance économique du pays et la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.