Œuvre d’art volée par les nazis retrouvée en Argentine après 80 ans
Mar del Plata, Argentine – Une peinture du XVIIIe siècle, soupçonnée d’avoir été volée pendant la Seconde Guerre mondiale par le régime nazi, a été retrouvée en Argentine, déclenchant une enquête et des arrestations.L’œuvre, un portrait de la comtesse Colleoni attribué à Giuseppe Ghislandi, est apparue brièvement sur une liste immobilière en ligne, apparemment publiée par inadvertance par l’une des filles de l’ancien juriste nazi, Peter Kadgien.Kadgien, qui fut un conseiller juridique principal de Hermann Göring et impliqué dans la confiscation d’œuvres d’art, s’est enfui en Argentine en 1949 et y a vécu jusqu’en 1978. La découverte du portrait a conduit à des perquisitions dans les propriétés des sœurs Kadgien à Mar del Plata. bien que la peinture elle-même n’ait pas été trouvée lors de la première descente, d’autres peintures et gravures suspectées d’avoir été volées dans les années 1940 ont été saisies.
L’œuvre a finalement été remise aux autorités par l’avocat de Patricia Kadgien et de son mari. Le couple a été placé en détention provisoire en attendant une audience pour dissimulation et obstruction à la justice.
“Ce sont des membres de la communauté, notamment des journalistes, qui ont initié cette enquête”, a déclaré le procureur fédéral argentin Daniel Adler lors d’une conférence de presse. “Nous le faisons pour que la communauté, qui a contribué à la découverte de l’œuvre, puisse la voir.”
Contexte : la spoliation d’œuvres d’art pendant la Seconde Guerre mondiale
La confiscation d’œuvres d’art par le régime nazi, connue sous le nom de “spoliation”, fut une pratique systématique visant à financer l’effort de guerre et à enrichir les hauts dignitaires nazis. Des millions d’œuvres d’art, allant des chefs-d’œuvre de maîtres anciens aux objets de valeur sentimentale appartenant à des familles juives et à d’autres groupes persécutés, ont été pillés à travers l’Europe occupée.
Après la guerre, de nombreuses œuvres d’art ont été retrouvées, mais des milliers restent disparues, souvent cachées dans des collections privées ou vendues sur le marché noir. La recherche et la restitution de ces œuvres volées continuent aujourd’hui, alimentées par des efforts internationaux et une prise de conscience croissante de l’importance de rendre justice aux victimes de la spoliation nazie.Cette découverte en Argentine souligne la portée internationale de la spoliation nazie et la persistance des efforts pour retrouver et restituer les œuvres d’art volées,même des décennies après la fin de la guerre. L’affaire rappelle également l’importance de la vigilance et de la collaboration entre les autorités, les experts en art et le public pour lutter contre le commerce illégal d’œuvres d’art et préserver le patrimoine culturel mondial.
