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Pakistan : médiateur entre les États-Unis et l’Iran ?

Pakistan se positionne comme médiateur dans la crise américano-iranienne

Islamabad, Pakistan – Le Pakistan s’est activement proposé comme intermédiaire pour tenter de désamorcer les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran, selon des sources diplomatiques et des déclarations officielles. Cette initiative intervient alors que le président américain Donald Trump a annoncé des "conversations très bonnes et productives" avec Téhéran, tout en maintenant une menace implicite de frappes militaires.

L’implication du Pakistan repose sur les liens étroits de son chef d’armée avec l’Iran et la relation privilégiée entre Islamabad et l’administration Trump, ont indiqué plusieurs sources à NBC News. Le pays, déjà confronté à ses propres défis sécuritaires avec son voisin afghan, se positionne ainsi comme un acteur clé dans la recherche d’une solution diplomatique.

"Le Pakistan est bien placé pour jouer un rôle actif dans les discussions visant à mettre fin à la guerre", a déclaré une source diplomatique, précisant qu’Islamabad est en contact avec les deux parties. Des messages auraient été échangés entre Washington et Téhéran ces derniers jours, avec le Pakistan agissant comme canal de communication.

L’annonce de Trump, qui contraste avec son ultimatum de ce week-end exigeant que l’Iran rouvre le détroit d’Ormuz sous peine de représailles, a surprondu. Le président a évoqué une période de cinq jours pour évaluer les progrès des discussions. "Si cela se passe bien, nous finirons par régler le problème", a-t-il déclaré.

Cependant, les réactions de Téhéran sont mitigées. Des responsables iraniens, dont le président du parlement Mohammad-Bagher Ghalibaf, ont nié l’existence de négociations, accusant Trump de chercher à manipuler les marchés financiers et pétroliers. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a quant à lui reconnu avoir reçu des messages de "certains États amis" relayant une demande américaine de négociations, sans préciser la nature de la réponse iranienne.

L’impact de la crise sur l’Asie, et en particulier sur le Pakistan, est significatif. La fermeture effective du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, a déjà eu des conséquences désastreuses sur l’économie pakistanaise, fortement dépendante des importations de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié en provenance des pays du Golfe.

Le Pakistan n’est pas le seul pays à tenter de jouer un rôle de médiateur. La Turquie et l’Égypte sont également impliquées dans des efforts diplomatiques parallèles. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Dr. Badr Abdelatty, a tenu des conversations téléphoniques avec des responsables américains et iraniens, ainsi qu’avec ses homologues pakistanais, turc et qatari, appelant à la retenue et à la préservation de la sécurité maritime.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a également contacté le président iranien Masoud Pezeshkian, exprimant sa "grave préoccupation" face aux hostilités en cours dans le Golfe et soulignant la nécessité d’une désescalade et d’un retour au dialogue.

La situation reste fluide et l’issue incertaine. La Maison Blanche a refusé de confirmer l’implication du Pakistan en tant qu’intermédiaire, se contentant de souligner que les discussions sont "sensibles" et que toute annonce formelle sera faite en temps voulu.

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