Attaque meurtrière dans une mosquée chiite à Islamabad : le Pakistan arrête des suspects et accuse l’Afghanistan et l’Inde
Islamabad, Pakistan – Les forces de sécurité pakistanaises ont arrêté quatre suspects, dont le cerveau présumé, liés à l’attentat suicide qui a frappé une mosquée chiite à la périphérie de la capitale vendredi, tuant 31 personnes et en blessant 169 autres. L’annonce a été faite samedi par le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi.
L’attaque, revendiquée par l’État islamique – Province du Khorassan (EI-K), a semé la consternation dans le pays et ravivé les craintes d’une recrudescence du terrorisme. Selon l’EI-K, l’assaillant a ouvert le feu sur les agents de sécurité postés à l’entrée de la mosquée avant de se faire exploser à l’intérieur.
Les images diffusées par les médias locaux montraient des scènes de chaos et de désespoir, avec des enfants parmi les victimes. Zahir Hussain, témoin de l’explosion, a raconté à CBS News avoir été projeté contre sa voiture par la force du souffle. “Après ça, il y a eu un silence horrible, puis ce que j’ai vu dans la mosquée… je n’ai pas les mots pour le décrire”, a-t-il déclaré.
Cet attentat est le plus meurtrier à Islamabad depuis 2008, lorsque l’attentat contre l’hôtel Marriott avait fait 63 morts et plus de 250 blessés. En novembre dernier, un autre attentat suicide avait visé les abords d’un tribunal de la capitale, tuant 12 personnes.
Accusations et tensions régionales
Le ministre de l’Intérieur Naqvi a identifié le cerveau présumé de l’attentat comme un ressortissant afghan lié à l’EI-K. Il a également accusé l’Inde de financer l’attaque, des allégations pour lesquelles il n’a fourni aucune preuve immédiate. Ni New Delhi, ni Kaboul n’ont pour l’instant commenté ces accusations.
Naqvi a également dénoncé la présence de groupes militants opérant depuis le territoire afghan et lançant des attaques contre le Pakistan, appelant la communauté internationale à prendre acte de cette situation et à prévenir une possible déstabilisation régionale.
Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre le Pakistan et l’Afghanistan, où les talibans sont au pouvoir depuis août 2021. Islamabad accuse régulièrement Kaboul de fournir un refuge aux militants, notamment aux membres du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe séparatiste pakistanais. Le gouvernement taliban nie ces accusations.
Condamnations internationales et deuil national
L’attentat a suscité une vague de condamnations internationales, notamment de la part des États-Unis, de la Russie et de l’Union européenne. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a exprimé sa gratitude pour les messages de sympathie et de soutien reçus du monde entier et a promis de traduire les auteurs de l’attentat en justice.
Des milliers de personnes ont participé aux funérailles des victimes, organisées samedi dans la mosquée même où l’attentat avait eu lieu. Des dirigeants religieux chiites et des responsables gouvernementaux de haut rang ont également assisté aux cérémonies.
Un contexte de violence persistante
Bien que la capitale pakistanaise ait été relativement épargnée par les attentats par rapport à d’autres régions du pays, le Pakistan a connu une recrudescence de la violence militante ces derniers temps. Une grande partie de cette violence est attribuée aux séparatistes baloutches et au TTP, qui est lié aux talibans afghans.
L’EI-K a également revendiqué la responsabilité d’un attentat suicide survenu en 2022 dans une mosquée chiite de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, qui avait fait au moins 56 morts et 194 blessés.
Cet attentat rappelle la fragilité de la situation sécuritaire au Pakistan et la menace persistante du terrorisme dans la région. Le gouvernement pakistanais est confronté à un défi majeur pour assurer la sécurité de sa population et lutter contre l’extrémisme.
[Image d’une publication X (anciennement Twitter) d’un média pakistanais rapportant l’arrestation des suspects, avec un lien vers l’article original : insérer ici le lien vers la publication X]
[Image d’une vidéo YouTube d’un reportage sur l’attentat, avec un lien vers la vidéo : insérer ici le lien vers la vidéo YouTube]
[Image d’une publication Instagram d’un témoin de l’attentat, avec un lien vers le profil Instagram : insérer ici le lien vers la publication Instagram]
