Museveni remporte un septième mandat en Ouganda, l’opposition dénonce des élections entachées d’irrégularités
Kampala, Ouganda – Le président Yoweri Museveni a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle ougandaise samedi, lui assurant un septième mandat à la tête du pays. Ce résultat prolonge son règne déjà exceptionnel de 40 ans, faisant de lui le dirigeant africain le plus longtemps au pouvoir. Cependant, cette victoire est contestée par l’opposition et ternie par des accusations de répression et de fraude électorale.
Selon les résultats officiels, Museveni a obtenu 71,65 % des voix, devançant largement son principal challenger, le chanteur devenu homme politique Bobi Wine, qui a recueilli 24,72 % des suffrages.
La campagne et le jour du scrutin ont été marqués par une forte présence sécuritaire et une coupure d’internet, suscitant des inquiétudes quant à la liberté et à l’équité du processus électoral. Bobi Wine a dénoncé des intimidations, des arrestations et des enlèvements de membres de son parti, ainsi que des irrégularités dans le dépouillement des votes.
“Je rejette complètement ces faux résultats”, a déclaré Wine, actuellement en fuite après un raid de forces de sécurité sur son domicile vendredi soir. Il a partagé sur X (anciennement Twitter) un message confirmant qu’il avait réussi à échapper aux forces de l’ordre, bien que sa famille reste sous assignation à résidence.
[Intégrer le tweet de Bobi Wine : https://x.com/HEBobiwine/status/2012470479219539973]
La police ougandaise a nié avoir mené un raid sur le domicile de Wine, affirmant qu’elle avait simplement “contrôlé l’accès” dans les zones considérées comme des “points chauds de sécurité”.
Ces allégations sont corroborées par des observateurs électoraux internationaux. L’ancienne président nigérian Goodluck Jonathan, à la tête de la mission d’observation de l’Union africaine (UA), a déclaré que des “rapports d’intimidation, d’arrestations et d’enlèvements” de responsables de l’opposition, de candidats, de journalistes et de représentants de la société civile avaient semé la peur et érodé la confiance du public dans le processus électoral.
Des membres de la société civile est-africaine, réunis à Nairobi, au Kenya, ont également fait état de fraudes électorales, notamment des retards dans l’ouverture des bureaux de vote, des kits de vote manquants et des bulletins de vote déjà remplis. Mwanase Ahmed, de l’organisation Jumuiya ni Yetu, a souligné que les estimations des résultats publiées diffèrent de ce qu’ils ont pu observer sur place.
L’élection s’est déroulée dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la démocratie en Ouganda. Sous la présidence de Museveni, la constitution a été modifiée pour supprimer les limites de mandat et d’âge, et plusieurs de ses rivaux potentiels ont été emprisonnés. Kizza Besigye, un autre figure de l’opposition, a été arrêté et jugé pour trahison après avoir été enlevé au Kenya en 2024.
Jeffrey Smith, expert des affaires africaines au sein du think tank Vanguard Africa, s’attendait à une victoire écrasante de Museveni et à une répression gouvernementale subséquente. Il a souligné l’importance de la situation pour la stabilité du pays, compte tenu de sa population jeune et dynamique.
[Intégrer un lien vers Vanguard Africa : https://www.vanguardafrica.com/]
La victoire de Museveni et les contestations qui l’entourent soulèvent des questions sur l’avenir de la démocratie en Ouganda et sur la capacité du pays à répondre aux aspirations de sa population. La communauté internationale observe attentivement la situation, craignant une escalade des tensions et une instabilité accrue.
(avec agences de presse)
Source : RFI (basé sur le contenu original fourni)
