L’or confirme son statut de valeur refuge face aux incertitudes économiques et géopolitiques
Par [Votre Nom], Rédacteur en chef, Section Économie, nouvelles-du-monde.com
NEW YORK (AP) – L’or a affiché une performance solide vendredi, grimpant d’environ 1% à 5 234,25 dollars l’once, tandis que les marchés boursiers s’effondraient. Cette dynamique confirme le rôle traditionnel de l’or comme valeur refuge en période de crise, alors que le monde est confronté à une inflation persistante, des risques géopolitiques accrus et les bouleversements potentiels liés à l’intelligence artificielle sur le marché du travail.
La hausse de l’or contraste fortement avec la chute du Dow Jones (715 points), du Nasdaq (1,08%) et du S&P 500 (presque 1%). Les contrats à terme sur l’or d’avril sur COMEX se sont établis près de 5 245 dollars, tandis que l’argent a bondi de 6% à 92,70 dollars. L’ensemble du secteur des métaux précieux signale une tendance que les marchés boursiers commencent seulement à prendre en compte : l’environnement macroéconomique actuel est favorable aux actifs tangibles, et cette situation devrait perdurer.
L’or a déjà gagné environ 20% depuis le début de l’année et se situe à portée de son plus haut historique du 29 janvier, à 5 594,82 dollars. Les grandes maisons financières de Wall Street révisent à la hausse leurs objectifs de prix. Après une augmentation de plus de 64% en 2025 et une poursuite de cette tendance en 2026, la question n’est plus de savoir si l’or va monter, mais plutôt de savoir de combien et à quelle vitesse.
L’inflation et les craintes de récession : un cocktail favorable à l’or
La publication des chiffres de l’indice des prix à la production (IPP) de janvier a eu un impact significatif sur les anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. L’IPP a augmenté de 0,5% sur un mois, dépassant les attentes des analystes, et l’IPP hors alimentation et énergie a grimpé de 0,8%, plus du double des prévisions. Sur les douze derniers mois, les prix de gros ont augmenté de 2,9%.
Paradoxalement, cette inflation plus élevée n’a pas pénalisé l’or, comme cela aurait pu être le cas en temps normal. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans est même tombé en dessous de 4% pour la première fois depuis novembre, atteignant 3,978%. L’indice du dollar américain est resté stable à 97,83. Le marché obligataire signale que les craintes de ralentissement économique l’emportent sur les inquiétudes inflationnistes, ce qui crée un environnement idéal pour l’or. L’or prospère lorsque l’inflation est trop élevée pour que la Fed réduise ses taux d’intérêt, mais que l’économie est trop fragile pour que la Fed les augmente. Cette paralysie politique est le principal moteur macroéconomique des métaux précieux.
Tensions géopolitiques et achats des banques centrales
Les négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran à Genève se sont soldées par un échec jeudi, ce qui a entraîné une hausse de 4% du prix du pétrole brut WTI à 67,70 dollars le baril et une augmentation de 2,91% du Brent à 72,90 dollars. Cet échec diplomatique a réintroduit une prime de risque géopolitique dans tous les actifs refuges, l’or en étant le principal bénéficiaire.
La situation en Iran a un impact sur l’or à deux niveaux. D’une part, une escalade des sanctions, des affrontements militaires régionaux et des perturbations des chaînes d’approvisionnement énergétique pourraient se produire, ce qui amplifierait la demande de valeurs refuges. D’autre part, la hausse des prix du pétrole alimenterait l’inflation, compliquant ainsi la capacité de la Fed à assouplir sa politique monétaire.
Les achats de l’or par les banques centrales sont devenus un facteur déterminant du cycle haussier actuel. En 2025, les achats nets des banques centrales ont totalisé des centaines de tonnes, atteignant des niveaux historiquement élevés. Une enquête menée auprès de 73 banques centrales a révélé que 95% d’entre elles s’attendent à ce que les réserves mondiales d’or augmentent au cours de l’année à venir, et que 43% prévoient d’accroître leurs propres avoirs. Sur un horizon de cinq ans, 76% s’attendent à ce que l’or représente une part plus importante des réserves totales, tandis que 73% prévoient une réduction de l’allocation aux réserves en dollars américains.
Perspectives et recommandations
Plusieurs analystes prévoient que l’or atteindra des sommets encore plus élevés. JPMorgan a relevé son objectif de prix à long terme à 4 500 dollars, tout en maintenant son objectif de fin 2026 à 6 300 dollars l’once. Bernstein a même dépassé ces prévisions, en révisant ses objectifs à 4 800 dollars l’once pour 2026 et à 6 100 dollars l’once pour 2030.
Les experts recommandent d’adopter une stratégie d’achat progressif, en profitant des baisses de prix pour renforcer ses positions. Newmont (NEM) est considérée comme un moyen privilégié d’investir dans l’or par le biais des actions, grâce à sa taille, à ses catalyseurs opérationnels et à son potentiel de croissance. L’argent, en raison de son double rôle de métal monétaire et industriel, offre également une opportunité de diversification intéressante.
