Microsoft OneDrive : La reconnaissance faciale limitée à trois désactivations par an soulève des inquiétudes
SEATTLE, WA – Microsoft teste une nouvelle fonctionnalité d’intelligence artificielle dans son application OneDrive qui utilise la reconnaissance faciale pour organiser les photos. Si l’objectif affiché est de faciliter la recherche d’images, la méthode employée pour contrôler cette fonctionnalité suscite de vives critiques.
des captures d’écran partagées sur la plateforme technologique slashdot révèlent qu’une fois activée, la fonction “Section Personnes” analyse les visages sur toutes les photos stockées dans le cloud, les regroupant par individu. Le problème réside dans la limitation imposée aux utilisateurs souhaitant désactiver cette fonction : seulement trois désactivations sont autorisées par an.
Interrogé à ce sujet, Microsoft s’est contenté d’indiquer que OneDrive hérite des paramètres de protection des données de Microsoft 365 et SharePoint, sans pour autant expliquer la raison de cette restriction. Des spéculations suggèrent que cette limite pourrait être liée à des contraintes de puissance de calcul dans les régions soumises à des réglementations strictes en matière de protection des données, comme l’Union Européenne, afin d’éviter des suppressions et recréations de données trop fréquentes.
Cependant, cette explication ne convainc pas les experts en sécurité. Thorin Klosowski, chercheur à l’Electronic Frontier Foundation (EFF), souligne que de telles fonctionnalités, traitant des données biométriques sensibles, devraient être activées uniquement sur consentement explicite (“opt-in”) et non nécessiter un refus explicite (“opt-out”). Il dénonce également le manque de transparence de Microsoft quant aux avantages et aux inconvénients de l’utilisation de cette fonctionnalité.
Contexte et implications plus larges :
L’utilisation de la reconnaissance faciale par les entreprises soulève des questions éthiques et juridiques de plus en plus pressantes. La collecte et l’analyse de données biométriques, même à des fins apparemment anodines comme l’organisation de photos, peuvent avoir des conséquences importantes en termes de vie privée et de surveillance.
Les réglementations en matière de protection des données,comme le RGPD en Europe,imposent des obligations strictes aux entreprises concernant la collecte,le traitement et le stockage des données personnelles. Le principe de minimisation des données,qui exige que seules les données nécessaires à un objectif spécifique soient collectées,est particulièrement pertinent dans ce contexte.
La transparence est également cruciale. les utilisateurs doivent être clairement informés de la manière dont leurs données sont utilisées et avoir la possibilité de contrôler leur utilisation. La limitation arbitraire du nombre de désactivations imposée par Microsoft est perçue comme une violation de ce principe.
Microsoft n’a pas encore précisé la date de lancement officiel de cette fonctionnalité. L’entreprise est confrontée à la pression de clarifier sa position et de garantir le respect de la vie privée de ses utilisateurs. L’affaire souligne la nécessité d’un débat public plus large sur l’utilisation de la reconnaissance faciale et les garde-fous nécessaires pour protéger les droits fondamentaux.
