Nucléaire: le gouvernement n'exclut pas de nouveaux EPR mais est sous condition

Paris – Le gouvernement laisse la porte ouverte à la construction d'une série de nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR en France, mais il veut, avant de décider, être sûr que les coûts seront contrôlés.

Dans un document de travail gouvernemental consulté par l'AFP et rédigé dans le cadre de la définition de la feuille de route énergétique de la France, le gouvernement prévoit de ne décider qu'entre 2021 et 2025 de commencer la construction d'une "nouvelle série" de réacteurs EPR. Mais il prévient que pour cela, l’industrie nucléaire devra développer avant le milieu de 2021 un "programme industriel" garantissant que ces futurs EPR auront un coût acceptable. EDF, qui travaille depuis plusieurs années à des EPR simplifiés, moins chers et moins longs, demande depuis longtemps à l’Etat de lancer le processus de déploiement de nouveaux réacteurs pour remplacer certains des 58 réacteurs de la flotte française, ce qui se fera progressivement. doit fermer, atteint par la limite d'âge. Il souhaite même mettre en service une première installation de ce type vers 2030. Toutefois, si la stratégie du gouvernement est confirmée et compte tenu des retards dans la préparation technique et réglementaire, un tel calendrier semble peu probable. Si une série de nouveaux EPR est lancée, le groupe estime atteindre une fourchette de coûts comprise entre 60 et 70 euros / mégawattheure, a déclaré son directeur général Jean-Bernard Lévy lors d'une audition en avril à l'Assemblée nationale. ciblé par le gouvernement dans son document. – Flamanville scruté – Au cours de l’été, le journal Les Echos avait dévoilé un rapport commandé par les ministères de l’Énergie et de l’Économie et rédigé par deux acteurs nucléaires historiques, qui recommandaient de lancer la construction de six EPR, avec un premier chantier à partir de 2025. Mais plusieurs membres du gouvernement avaient à ce moment-là pris du retard, comme le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "Wisdom recommande déjà d'attendre que l'EPR de Flamanville soit terminé avant de prendre des décisions", a-t-il déclaré. Lors de la transition écologique et solidaire, François de Rugy a également estimé qu'EDF devait déjà démontrer que l'EPR fonctionnait, ce qui n'est pas encore le cas. Le projet EPR de Flamanville a connu de nombreux retards et des coûts supplémentaires, et EDF envisage maintenant de le démarrer fin 2019 pour une mise en service commerciale en 2020 par rapport à 2012 initialement. Alors que les EPR construits en Chine, dont l'un est déjà en service, ont connu moins de revers, le projet Areva en Finlande connaît également des difficultés, alors que les risques de retards pèsent déjà sur les deux projets prévus au Royaume-Uni. Uni. Face à ces réalités, les politiques, les organisations environnementales et les acteurs des énergies renouvelables considèrent qu'il est prématuré, voire contraire à la transition énergétique, de construire de nouveaux réacteurs en France. – renouvelables et batteries – Le document de travail ne les rassurera probablement pas, il évoque également des projets de recherche visant à développer de petits réacteurs ("petits réacteurs modulaires"), ou à étudier l'extension de la durée du parc existant, mais ne mentionne aucune fermeture de réacteur . Axé sur les solutions technologiques "made in France" du futur en matière d’énergie, il s’intéresse toutefois aux énergies renouvelables, au stockage, à la mobilité, au bâtiment ou à l’hydrogène. En ce qui concerne les énergies renouvelables, il fixe des objectifs spécifiques et ambitieux en termes de réduction des coûts de l’énergie solaire qu’il souhaite voir associés aux dispositifs de stockage d’électricité. Par contre, dans l'éolien offshore flottant, il n'est pas question d'appels d'offres commerciaux à court terme, contrairement aux attentes de l'industrie. Enfin, revenant à l’ambition de construire une industrie européenne de la batterie, le gouvernement veut décider avant la fin de 2019 "s’il est encore possible de construire" une usine en Europe d’ici 2022.

Le gouvernement est en train de préparer la feuille de route énergétique de la France à l'horizon 2028, appelée Programme pluriannuel sur l'énergie (PPE). Initialement prévu pour la fin juin, sa présentation a été reportée à novembre.

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