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Nouvelle-Zélande : cinq candidats s’affrontent pour gérer la plus grande ferme du pays

Un domaine emblématique au cœur d’un choix historique

Le 18 mai 2026, cinq candidats s’affrontent pour obtenir le bail de gestion de la plus grande exploitation agricole de Nouvelle-Zélande, la station Molesworth, un domaine de 180 000 hectares géré par le Département de la conservation (DOC) et dont l’avenir entre en phase décisive après l’expiration du contrat actuel.

Un domaine emblématique au cœur d’un choix historique

La station Molesworth, située dans les terres arides du nord de l’île du Sud, est un territoire aussi vaste que dix parcs nationaux néo-zélandais réunis. Propriété de la Couronne depuis les années 1940, elle a d’abord servi à l’élevage ovin avant de basculer dans les années 2000 vers un modèle mixte, combinant agriculture et conservation. Le bail actuel, attribué à l’entreprise publique Pāmu (anciennement Landcorp), arrive à échéance fin juin 2026, déclenchant la première procédure compétitive de l’histoire pour sa gestion.

« C’est la première fois que nous organisons un processus sélectif pour ce type de bail », a confirmé une porte-parole du DOC, soulignant que cette décision s’inscrit dans une refonte plus large des priorités du domaine. Avec une superficie équivalente à celle de l’île de Rakiura/Stewart Island, Molesworth incarne un paysage emblématique des *highlands* néo-zélandais, où se mêlent enjeux écologiques, économiques et touristiques.

Quels modèles pour l’avenir ?

Les cinq candidats en lice proposent des visions variées, oscillant entre une intensification de l’élevage bovin, une transition vers des pratiques agroécologiques, et une ouverture accrue au tourisme. Si Pāmu a longtemps dominé la gestion du site, son approche – centrée sur l’élevage extensif – est désormais contestée par des groupes écologistes, qui dénoncent son impact sur les écosystèmes fragiles des zones sèches.

Parmi les candidats, certains misent sur des partenariats public-privé pour financer des projets de restauration des sols, tandis que d’autres prônent un retour à une exploitation plus traditionnelle, avec un accent sur la viabilité économique. Le DOC a précisé que le choix se baserait sur des critères stricts : respect des objectifs de conservation, durabilité financière, et contribution à l’accès public. « Nous voulons un modèle qui préserve l’intégrité écologique tout en permettant une utilisation durable des terres », a indiqué la porte-parole.

Un enjeu bien au-delà de l’agriculture

Le sort de Molesworth reflète les tensions actuelles en Nouvelle-Zélande entre développement rural et protection de la biodiversité. Depuis 2005, le domaine a été placé sous la tutelle du DOC après des craintes de vente à des investisseurs étrangers, une décision qui a marqué un tournant dans la gestion des terres publiques. Aujourd’hui, le débat porte moins sur la propriété que sur le modèle de gestion à adopter.

Les candidats devront aussi composer avec un héritage complexe : Molesworth a été à la fois un symbole de l’industrie agricole néo-zélandaise et un laboratoire pour des expérimentations en matière de coexistence entre élevage et conservation. Certains projets pilotes, comme la réintroduction de prédateurs pour protéger la faune indigène, pourraient être amplifiés sous un nouveau gestionnaire.

« Ce processus est une opportunité pour repenser ce que signifie “utilisation durable” dans un contexte de changement climatique », estime un expert en politiques agricoles, cité par *1News*. Les résultats sont attendus d’ici la fin de l’année, avec une décision finale prévue pour 2027.

Et après ?

Quelle que soit l’issue, le choix de Molesworth aura des répercussions bien au-delà de ses frontières. Le DOC a déjà indiqué que cette procédure pourrait servir de modèle pour d’autres propriétés publiques, où la question de l’équilibre entre exploitation et conservation se pose avec acuité. À l’heure où la Nouvelle-Zélande renforce ses ambitions en matière de neutralité carbone, le sort de ce géant agricole sera scruté comme un indicateur des priorités futures du pays.

Reste une certitude : pour la première fois, les citoyens auront un rôle plus direct dans le débat. Le DOC a annoncé la mise en place d’une consultation publique, une première pour ce type de processus. Les cinq candidats devront ainsi convaincre non seulement les autorités, mais aussi une opinion publique de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux.

Une chose est sûre : l’histoire de Molesworth ne fait que commencer.

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