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Nouvelle ère pour les PDG : AI, transformation et confiance

Le nouveau défi des dirigeants : naviguer dans une ère de transformation permanente, selon PwC

Davos, Suisse – L’époque où les dirigeants d’entreprises pouvaient se concentrer sur la croissance, l’efficacité du capital et l’adoption de technologies pour stimuler la productivité est révolue. C’est l’avis de Mohamed Kande, président mondial de PwC, qui a dressé ce constat lors du Forum économique mondial de Davos. Selon lui, le rôle de chef d’entreprise a subi plus de changements au cours de l’année écoulée qu’au cours des 25 dernières.

“Nous sommes à un moment de test crucial pour les dirigeants,” a déclaré Kande à Diane Brady de Fortune. Il décrit un nouveau mandat “tri-modal” qui exige des dirigeants qu’ils gèrent leur activité actuelle, la transforment en temps réel et construisent simultanément de nouveaux modèles économiques pour l’avenir.

Cette complexité croissante ne doit pas pour autant susciter la peur, insiste Kande. Il rappelle que l’histoire est jalonnée de périodes d’incertitude, des tarifs douaniers d’il y a un siècle à la révolution industrielle. “Finalement, quelque chose de positif se produira,” assure-t-il, tout en reconnaissant que l’adaptation est essentielle.

L’écart d’exécution de l’IA : un investissement massif, des résultats timides

Un moteur majeur de cette transformation est l’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA). Une récente enquête mondiale de PwC, menée auprès de 4 454 chefs d’entreprise dans 95 pays et territoires, révèle un décalage frappant entre l’ambition et la réalité. Si l’intérêt pour l’IA a explosé, passant d’une interrogation sur la pertinence de son adoption à une course générale à l’implémentation, seuls 10 à 12 % des entreprises déclarent en voir des bénéfices concrets en termes de revenus ou de réduction des coûts.

Ce constat est corroboré par une étude du MIT, publiée en août dernier, qui révèle que 95 % des projets pilotes d’IA générative échouent dans le secteur d’entreprise. L’écart entre l’enthousiasme et les résultats tangibles soulève des questions sur la manière dont les entreprises abordent l’IA.

Kande attribue ce problème non pas à la technologie elle-même, mais à un manque de préparation fondamentale. “Les entreprises ont oublié que l’adoption de la technologie nécessite des bases solides : des données propres, des processus métier robustes et une gouvernance claire,” explique-t-il. Les entreprises qui réussissent sont celles qui investissent dans ces fondations avant de se lancer dans l’IA.

Confiance paradoxale et domination américaine

L’incertitude ambiante se traduit également par un paradoxe dans le sentiment des dirigeants. Si la majorité d’entre eux se montrent confiants quant à la santé de l’économie mondiale, seulement 30 % sont convaincus de pouvoir assurer la croissance de leur propre entreprise. Cette hésitation pourrait être liée aux tensions géopolitiques, aux barrières commerciales, à l’évolution technologique ou à un manque d’agilité managériale.

Les données de l’enquête PwC confirment cette tendance : la confiance des dirigeants dans leur propre croissance a atteint un niveau plancher sur les cinq dernières années, chutant à 30 % contre 38 % en 2023 et 56 % en 2022. Cette baisse s’observe même chez les dirigeants qui investissent massivement dans l’IA et l’innovation.

Les États-Unis semblent toutefois mieux positionnés pour tirer parti de cette nouvelle ère. L’investissement massif dans la recherche et le développement, combiné à un écosystème entrepreneurial dynamique, confère aux entreprises américaines un avantage compétitif significatif. Selon les données du Bureau of Economic Analysis, les dépenses en R&D aux États-Unis ont atteint 768,7 milliards de dollars en 2022, soit 2,8 % du PIB.

Un nouveau modèle de carrière : l’importance de la pensée systémique

La transformation du rôle de dirigeant a des implications profondes sur la gestion des ressources humaines. Kande met en garde contre la fin du modèle traditionnel d’apprentissage par l’expérience, où les nouveaux employés acquièrent des compétences en effectuant des tâches de base. L’IA prend en charge ces tâches, ce qui nécessite de repenser les parcours professionnels et de privilégier le développement de la “pensée systémique” plutôt que de l’exécution de tâches.

En conclusion, Kande appelle les dirigeants à adopter une perspective historique pour comprendre le moment présent. Il cite les booms d’infrastructures du chemin de fer et d’internet comme exemples de périodes d’incertitude qui ont finalement conduit à des avancées significatives. Il est convaincu que la vague d’investissement actuelle engendrera une nouvelle ère d’innovation.

“J’optimiste,” conclut Kande. “Il faut embrasser le changement.”

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