Nous prenons plein les yeux à Arles

Nous prenons plein les yeux à Arles

C'est le premier festival de photographie de renommée internationale. Les Rencontres de la photographie d'Arles (Bouches-du-Rhône) se tiennent jusqu'au 23 septembre. Dans tous les coins de la ville, des expositions sont proposées aux visiteurs. Le Parisien en a aimé beaucoup et propose de les découvrir. Adieu KennedyC'est notre coup de coeur des Rencontres d'Arles. Le 8 juin 1968, l'assassinat de Robert Francis Kennedy, à Los Angeles, plonge l'Amérique dans la peur. Le sénateur, que beaucoup voient déjà à la Maison Blanche, meurt cinq ans après son frère JFK. Son corps est ensuite transporté dans un train, de la cathédrale St. Patrick à New York, au cimetière d'Arlington à Washington pour rejoindre son aîné. Près de deux millions de personnes viennent lui rendre hommage lors du voyage le long du chemin de fer, lors de ce dernier voyage. Le photographe Paul Fusco du magazine "Look" se glisse dans une voiture pour faire des images de tous ces gens de toutes origines, plongés dans la tristesse, parfois une bannière dans la main, parfois un regard vide. Trente ans plus tard, Rein Jelle Terpstra, d'Amsterdan, note que de nombreux badauds ont également photographié le passage du train. Grâce à un appel sur Facebook en 2014, il récupère les photos de ces diapositives, négatifs ou photos anonymes. Super 8 films. En parallèle, un film de Philippe Parreno de France a donné vie à certaines des photos, habillant une centaine d'acteurs comme à l'époque. Trois regards sur le même événement à découvrir à Arles. Les bruits assourdissants de la locomotive sur les rails, les hélicoptères qui ont escorté les restes, finissent par plonger le visiteur dans une atmosphère particulièrement réaliste. "Le train, le dernier voyage de Robert F. Kennedy", de Paul Fusco, Rein Jelle Terpstra et Philippe Parreno, atelier des Forges.Tous les doggies follesWilliam Wegman déguise les chiens en humains. / LP / Guillaume Georges Ils sont les stars d'Arles. Wiggle chiens, plus humains que les canines, comme celui-ci. Weimaraners, le chien préféré de William Wegman. En camouflant nos amis à quatre pattes impassibles comme une vieille femme, un chanteur d'opéra ou un policier, l'Américain est devenu une star de l'image. A Arles, personne n'échappe à la chienne vêtue d'un pull et d'un collier qui se trouve sur l'affiche du festival … à l'envers. Des dizaines de clichés sont présentés sous la forme d'une rétrospective "Être humain", palais de l'Archidiocèse.Sapés comme toujoursExposition "Baskets comme Jay-Z" ./LP/Guillaume Georges "J'ai 24 ans et je viens de Soudan, j'aime ce sweatshirt romantique, c'est comme ça que ma couleur préférée est le bleu foncé … A Paris, la mode est beaucoup plus belle qu'au Soudan Mustafa capte sa propre photo Deux artistes travaillent au centre d'accueil de la Porte de la Chapelle à Paris présente, à Arles, une série de portraits de migrants décrivant leurs nouvelles tenues, trouvées parmi les vêtements mis à disposition par Emmaüs France.Pourquoi un tel parti pris? Un soir d'hiver, un réfugié afghan a demandé des "sneakers" comme Jay-Z, l'étoile Une demande pas si anecdotique: en décrivant leurs tenues, cette œuvre humaniste met en évidence l'importance de l'habillement pour ces hommes qui ont risqué leur vie en rejoignant l'Europe: la mode, comme un pas vers la dignité à reconstruire. Jay-Z "de Frédéric Delangle et Amb roise Tézenas au Magasin électriqueZen reste zenLe bâtiment, démontable, pourrait être monté n'importe où dans le monde./LP/Guillaume Georges Quel mariage! Celui entre une série de photos qui appelle à la contemplation et un bâtiment majestueux. Dans le désir de rayonner dans toute la ville d'Arles, les 40 plans du plus célèbre bouddhiste français, Matthieu Ricard, se nichent dans un terrain vague, loin des rues pavées du centre historique. Devant la cité romaine, sur les rives du Rhône chauffées par le soleil brûlant, se dresse une colonie de bambous colossale de l'architecte colombien Simon Vélez, longue de 70 mètres et haute de 10 mètres. La boîte de 1000 mètres carrés joue avec la lumière éblouissante pour sublimer les clichés en noir et blanc du philosophe. Du Népal à l'Inde en passant par le Tibet ou l'Argentine, chaque image est accompagnée d'une pensée teintée de spiritualité et écrite par la main du maître. "Les puristes de la photo ne mettent pas forcément ce nom en tête de liste, mais la force des rencontres d'Arles est de créer une mise en scène inattendue", explique Sam Stourdzé, le directeur du festival, avec les clichés humanistes de Matthieu Ricard qui évoquent le grand voyage, l'ensemble raconte une histoire qui va bien au-delà de la simple exposition.Les fans de la star des librairies, pourront le voir lors de deux soirées d'échanges spirituels et musicaux avec le théâtre antique d'Arles les 28 et 29 juillet son ami, la pianiste Maria Joa Pires, l'édifice démontable pourrait alors voyager autour du monde. "Contemplation", photographies de Matthieu Ricard dans une cabane de bambou de l'architecte Simon Vélez, sur le site de la SNCF Trinquetaille.C'est l'Amérique C'est Raymond Depardon qui a pris cette photo à l'occasion de son premier voyage aux Etats-Unis / LP / Guillaume Georges Ces femmes, au port princier, que l'on imagine en train d'attendre un bus après une dure journée de travail, ont été immortalisées dans les rues de Man hattan de Raymond Depardon en 1981. Un cliché parmi une série estivale publiée tous les jours chez nos confrères de "Libération" la même année. Le reporter de l'agence Magnum, devenu l'une des stars de la photographie, a fait son premier voyage aux États-Unis en 1968. Il rapporte des images devenues classiques – des clichés de Nixon, d'autres de manifestations anti-guerre au Vietnam – avant de revenir régulièrement. Cette exposition présentée pour la première fois à Arles, compile trente ans de reportages aux Etats-Unis, Depardon aujourd'hui âgé de 76 ans dans une scène en clair-obscur, qui donne toute sa puissance aux images. Depardon USA, 1968-1999, par Raymond Depardon, espace Van Gogh.Jésus revient Le photographe rencontre des hommes en quête de la réincarnation de Dieu./LP/Guillaume Georges Ils croient tout cela dur comme fer! Le photographe norvégien Jonas Bendiksen est parti à la rencontre sept personnes loufoques qui pensent être des réincarnations de Dieu, il a exhumé ces messies des temps modernes aux quatre coins du monde, de l'Angleterre au Brésil en passant par l'Afrique du Sud … Vissairion, dit le "Christ de Sibérie", vénéré par milliers Les clichés les font sourire avec leur démesure, mais ne se moquent jamais du "Dernier Testament" de Jonas Bendiksen, l'église Sainte-Anne.

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