Professeure américaine Nina Khrushcheva désignée « agent étranger » par la Russie
LONDRES – La professeure américaine Nina Khrushcheva, arrière-petite-fille de l’ancien dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, a été désignée vendredi « agent étranger » par la Russie, un terme connotant l’espionnage que Moscou applique aux personnes qu’elle considère comme menant des activités anti-russes.
Nina Khrushcheva, 62 ans, est professeure à l’université The New School de New York et a continué à effectuer des voyages de recherche en Russie depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Elle n’a pas été surprise par cette décision, a-t-elle déclaré à Reuters, estimant qu’il s’agissait d’une mesure « tardive ou précoce » de la part des autorités russes.
La désignation intervient dans un contexte de répression accrue contre les voix dissidentes en Russie, où plus de 1 164 personnes, dont des politiciens, des journalistes, des artistes et des organisations, figurent désormais sur la liste des « agents étrangers ». Ceux qui y sont inscrits sont soumis à des exigences bureaucratiques lourdes et à des restrictions sur leurs revenus, et doivent apposer l’étiquette « agent étranger » sur leurs publications et leurs réseaux sociaux.
Khrushcheva a souligné l’ironie historique de la situation, notant que la réhabilitation de Josef Staline en Russie coïncide avec une nouvelle marginalisation de la figure de son arrière-grand-père. Nikita Khrouchtchev est notamment connu pour avoir dénoncé les crimes de Staline lors d’un discours historique en 1956.
L’arrière-grand-père de Nina Khrushcheva a également pris une décision importante concernant la Crimée en 1954, en la transférant de la Russie à l’Ukraine. Cette décision a été annulée en 2014, lorsque la Russie a annexé la péninsule après l’invasion. Il est également connu pour son rôle durant la crise des missiles de Cuba en 1962.
Selon l’agence de presse russe TASS, le ministère de la Justice russe justifie la désignation de Nina Khrushcheva par la diffusion d’informations jugées fausses sur les politiques russes et son opposition à ce que Moscou appelle son « opération militaire spéciale » en Ukraine. L’impact pratique de cette désignation reste à déterminer, a déclaré la professeure.
