Neil Sedaka : L’incroyable résurrection d’un roi de la pop oubliée
Londres, Royaume-Uni – Des mélodies accrocheuses, des refrains entêtants et une capacité à capturer l’innocence d’une époque révolue : Neil Sedaka, compositeur et interprète américain, a marqué l’histoire de la musique pop des années 50 et 60. Pourtant, son parcours fut loin d’être linéaire, ponctué de succès fulgurants et de périodes d’oubli. Un retour inattendu dans les années 70 lui a permis de prouver sa longévité et son talent indéniable.
Sedaka s’est fait connaître en tant qu’auteur-compositeur pour Connie Francis, notamment avec le tube espiègle "Stupid Cupid" (1958). L’anecdote est savoureuse : l’artiste, modeste, craignait que Francis, qu’il considérait comme une "lady", soit offensée par la légèreté de la chanson. Elle l’a au contraire adorée.
Mais Sedaka ne s’est pas cantonné à écrire pour les autres. "Oh! Carol" (1959), inspiré par une rupture amoureuse avec Carol Klein, a marqué son premier succès en tant qu’interprète. Ironie du sort, Klein a répondu avec "Oh! Neil", sous le pseudonyme de Carole King, lançant ainsi une autre carrière légendaire.
Ses succès se sont enchaînés à la fin des années 50 et au début des années 60 : "One Way Ticket (To the Blues)" (1959), avec ses références subtiles au rock’n’roll, "Calendar Girl" (1960), dont la structure originale a visiblement inspiré Brian Wilson des Beach Boys, et "Where the Boys Are" (1961), bande originale d’un film surprenant pour son époque, abordant le thème de la sexualité adolescente.
Pourtant, l’arrivée des Beatles au milieu des années 60 a sonné le glas de son style. Sedaka lui-même reconnaissait que son approche musicale était devenue "dépassée". Il a traversé une période difficile, mais n’a pas renoncé à sa passion.
Le tournant décisif est survenu dans les années 70. Inspiré par le succès de Carole King avec son album "Tapestry" (1971), Sedaka a tenté de se réinventer. Il a trouvé un terrain fertile à Strawberry Studios, à Stockport, en Angleterre, où il a collaboré avec un groupe de jeunes musiciens qui allaient devenir 10cc.
Cette collaboration a donné naissance à des titres emblématiques comme "Solitaire" (1972), devenu un standard de la musique douce, et "Laughter in the Rain" (1974), un succès planétaire. Sedaka a même avoué que le "drop dead chord" d’Elton John sur "Goodbye Yellow Brick Road" l’avait inspiré.
Son retour en force s’est confirmé avec "Bad Blood" (1975), où l’influence d’Elton John était encore plus palpable. Sedaka a continué à enregistrer des albums jusqu’aux années 2010, explorant différents genres, allant des albums de Noël aux chansons en yiddish.
L’histoire de Neil Sedaka est celle d’un artiste talentueux, capable de se remettre en question et de s’adapter aux évolutions de l’industrie musicale. Un parcours jalonné de succès, d’échecs et d’une résilience remarquable.
https://www.youtube.com/watch?v=KgLcSTBNdes (Calendar Girl)
https://www.youtube.com/watch?v=6T6HBCJi650 (Solitaire)
https://open.spotify.com/embed/playlist/2jFRGrmTKZVgHtL0MsDVwt?utm_source=oembed (15 of Neil Sedaka’s greatest songs – Spotify)
