Nataša Gvozdenović, infirmière depuis trente ans à Sremska Mitrovica, a publié une lettre ouverte adressée au président après que son fils Živko a été pris pour cible à la suite d’un simple signalement pour non-respect des règles anti-tabac et de dégradations routières.
Nataša Gvozdenović y décrit le parcours de son fils, Živko Gvozdenović, soudainement propulsé au centre de l’attention publique sans qu’aucun de ses nouveaux détracteurs ne l’ait jamais croisé.
Les signalements d’un citoyen ordinaire à Sremska Mitrovica
L’affaire trouve son origine dans des actes civiques banals. Živko Gvozdenović a d’abord déposé une réclamation officielle concernant des infractions liées au tabac à l’hôpital local, un établissement où sa mère exerce comme infirmière depuis trois décennies. Il a également signalé des nids-de-poule dans sa rue afin que le cortège du mariage de sa sœur puisse circuler sans encombre.
Ces démarches administratives ont rapidement attiré des représailles. D’après le récit de sa mère, deux individus ont intercepté Živko Gvozdenović dans la rue, tandis que les dégradations de la chaussée restaient en l’état. Peu après, une fausse plainte pénale a été déposée contre lui avant d’être classée sans suite, comme l’atteste la reprise de la tribune par Naslovi.
La diffusion de l’enregistrement et la pression médiatique
La situation a pris une ampleur nationale lors d’une conférence de presse télévisée où un enregistrement audio a été diffusé. Nataša Gvozdenović relate avoir visionné la séquence à plusieurs reprises tard dans la nuit. On y entend son fils poser une question sur le sort des ćacikama
après les élections, un échange exempt de toute violence verbale ou physique selon le témoignage maternel.
Cependant, les termes employés dans les débats en studio et les surimpressions textuelles à l’écran ont radicalement transformé la portée de la séquence. L’auteur de la lettre évoque un phénomène de harcèlement de masse, qualifié par le terme anglophone de buling
dans les établissements scolaires, mais orchestré ici à l’échelle médiatique.
L’exil temporaire et la peur au quotidien
Face à la multiplication des menaces reçues par messagerie — incluant des messages détaillant des repérages de locaux et des propositions d’intervention directe à son domicile —, Živko Gvozdenović et son épouse ont quitté le pays. Leur entourage leur conseille vivement de ne pas rentrer.

Pour Nataša Gvozdenović, cette épreuve marque une rupture définitive avec sa posture passée de spectatrice silencieuse face aux crises institutionnelles ou sociales qu’a traversées le pays au cours des trente dernières années. La peur pour son emploi à l’hôpital de Sremska Mitrovica s’efface désormais devant la détresse de voir sa famille ciblée pour une simple plainte concernant une cigarette allumée dans un service hospitalier.
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