Mulatu Astatke, le père de l’Éthio-jazz, célèbre l’héritage musical africain
ADDIS-ABEBA, Éthiopie – À 81 ans, le musicien éthiopien Mulatu Astatke, considéré comme le père de l’Éthio-jazz, ne montre aucun signe de ralentissement. Avec la sortie de son nouvel album, Mulatu Plays Mulatu, enregistré entre Londres et Addis-Abeba, il continue de faire rayonner la musique éthiopienne et africaine à travers le monde.
Né à Jimma, en Éthiopie, Astatke a créé un style musical unique, mélangeant le jazz latin, le funk et l’Afrobeat. Son objectif premier, explique-t-il, est de faire reconnaître la contribution des musiciens africains. “L’idée est d’introduire la musique éthiopienne au monde,” a-t-il déclaré. “J’ai créé cette science appelée Éthio-jazz, qui a beaucoup contribué à faire connaître l’Éthiopie. Mais maintenant, je travaille sur la manière de présenter la contribution culturelle de l’Afrique au monde. Je pense que le monde devrait en savoir plus.”
Astatke souligne l’importance de la recherche sur les instruments de musique africains et leur influence sur les genres musicaux modernes. Des instruments comme le masenqo, un luth monocorde apparenté au violoncelle, et le zummara, une clarinette double, ont joué un rôle essentiel dans le développement du jazz, du blues et de la musique gospel.
Son influence dépasse les frontières de l’Éthiopie. Des artistes hip-hop renommés tels que Nas, Kanye West, Cut Chemist et Madlib ont samplé sa musique, témoignant de sa portée mondiale.
Mulatu Plays Mulatu met en lumière la richesse des instruments traditionnels éthiopiens et africains. “Vous entendez le saxophone, la trompette, le masenqo, la clarinette – tout est combiné sur l’album,” précise Astatke. “J’aime mettre en valeur les contributions éthiopiennes, africaines et les Africains qui ont inventé de magnifiques instruments de musique. Vous entendez le violoncelle et le masenqo. Ils sont très similaires, très proches l’un de l’autre. C’est ce que j’essaie de montrer.”
L’album, sorti en septembre dernier, est une invitation à explorer un héritage musical riche et souvent méconnu, et un plaidoyer pour une reconnaissance accrue de la contribution culturelle de l’Afrique au monde.
