Motions de censure rejetées en France, Lecornu s’apprête à engager à nouveau la responsabilité de son gouvernement sur le budget 2026
PARIS – Les tentatives de l’opposition pour faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu via des motions de censure ont échoué vendredi à l’Assemblée Nationale, laissant le Premier ministre libre d’engager à nouveau la responsabilité de son gouvernement sur le budget 2026. La motion déposée par La France Insoumise (LFI), les écologistes et les communistes n’a recueilli que 269 voix, bien en deçà des 288 nécessaires pour être adoptée.
Le rejet de cette première motion a été suivi de l’examen d’une motion déposée par le Rassemblement National (RN) et l’Union des droites, dont l’issue est également attendue avec peu d’espoir d’adoption pour l’opposition. Si cette seconde motion échoue, la partie recettes du budget sera considérée comme adoptée.
Le gouvernement, confronté à une absence de majorité absolue, avait anticipé ces échecs. Pour qu’une motion de censure soit adoptée, il faut la majorité absolue des députés, soit 288 voix, compte tenu des deux sièges actuellement vacants. L’abstention des députés socialistes et républicains a scellé le sort des motions.
Sébastien Lecornu devrait donc engager à nouveau la responsabilité de son gouvernement à la mi-journée, cette fois sur la partie dépenses et l’ensemble du texte budgétaire. Cette manœuvre, prévue par la Constitution française, permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote, sauf si une motion de censure est adoptée.
Critiques virulentes de l’opposition
Lors des débats, Eric Coquerel, président de la commission des finances (LFI), a dénoncé un budget qu’il a qualifié d'”escroquerie”, accusant le gouvernement Macron d’avoir favorisé les “ultra-riches” au détriment de l’économie et des conditions de vie des Français. “Depuis 2017, l’industrie recule, les faillites se succèdent. Depuis 2017, l’investissement recule, les conditions de vie reculent”, a-t-il déclaré à l’Assemblée.

Marine Le Pen, présidente du groupe RN, a également fustigé le budget, dénonçant une “trahison” des engagements pris par le gouvernement. Elle a accusé M. Lecornu d’avoir “échoué politiquement” à trouver une majorité pour son projet.
Lecornu dénonce l’obstruction
En réponse, Sébastien Lecornu a regretté le manque de coopération de certains groupes parlementaires, dénonçant une “obstruction” visant à empêcher toute issue. Il a souligné que le texte budgétaire actuel est le fruit de compromis et de modifications apportées en réponse aux discussions parlementaires. “C’est un texte issu du compromis, un texte travaillé et modifié, ajusté parfois au prix de renoncements pour le gouvernement lui-même”, a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a rappelé que l’objectif de déficit budgétaire a été fixé à 5% du PIB, un compromis jugé nécessaire pour obtenir un soutien suffisant à l’Assemblée.
Contexte et impact : Ces votes interviennent dans un contexte de tensions politiques croissantes en France, alors que le gouvernement peine à faire adopter ses réformes. Le budget 2026 est crucial pour la politique économique du pays, notamment en matière de finances publiques et de lutte contre la dette. Selon les données de l’INSEE, la dette publique française s’élève à plus de 3 000 milliards d’euros, soit environ 112% du PIB. (Source : INSEE)
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Source : Le Monde avec AFP
