L’Australie nomme un nouveau visage à son ambassade à Washington, alors que Trump ravive la polémique sur l’OTAN
CANBERRA, Australie – L’Australie a annoncé dimanche la nomination de Greg Moriarty, actuel chef du département de la Défense, comme prochain ambassadeur à Washington, succédant à l’ancien Premier ministre Kevin Rudd. L’annonce intervient alors que l’ancien Premier ministre Rudd achève son mandat à la fin du mois de mars.
Le Premier ministre Anthony Albanese a salué Moriarty comme un “serviteur public australien exceptionnel”, soulignant son expérience et ses relations aux États-Unis. “J’ai été impressionné par sa dignité, ses contacts aux États-Unis”, a déclaré Albanese lors d’une apparition sur le programme “Insiders” de la chaîne ABC. “La relation AUKUS est au cœur de notre relation avec les États-Unis, et il est en très bonne position pour maîtriser tous les détails.”
Moriarty a dirigé le département de la Défense depuis fin 2017 et a précédemment été chef de cabinet du Premier ministre libéral Malcolm Turnbull. Sa nomination intervient à un moment crucial pour les relations australo-américaines, marquées par l’importance croissante du partenariat AUKUS, un pacte de sécurité trilatéral entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Rudd quitte ses fonctions après une période tumultueuse
Kevin Rudd, nommé ambassadeur en 2023, a démissionné un an avant la fin de son mandat. Son passage à Washington a été marqué par une période difficile, notamment sous l’administration Trump, où il avait été un critique virulent du président américain. Albanese a toutefois salué le travail de Rudd, affirmant qu’il pouvait regarder en arrière sur son mandat “avec une fierté réelle”.
Les commentaires de Trump sur l’OTAN suscitent l’indignation
L’annonce de la nomination de Moriarty a été éclipsée par les récentes déclarations controversées de l’ancien président américain Donald Trump concernant l’OTAN. Trump a affirmé que certains pays membres de l’OTAN n’avaient pas suffisamment contribué aux efforts de l’alliance en Afghanistan, suscitant l’indignation de plusieurs dirigeants mondiaux, dont le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Albanese a qualifié les commentaires de Trump d'”inacceptables”, tout en notant que l’ancien président avait par la suite nuancé ses propos. “Les 47 familles australiennes qui pourraient être blessées par ces commentaires méritent notre respect et notre admiration absolus”, a-t-il déclaré. “Ils étaient certainement sur le front avec nos autres alliés pour défendre la démocratie, la liberté et nos intérêts nationaux.”
Hommage aux soldats australiens en Afghanistan
Quarante-sept soldats australiens ont perdu la vie pendant le conflit de 20 ans en Afghanistan, et 261 ont été blessés avant le retrait des troupes australiennes mi-2021. Peter Tinley, président national de la RSL (Returned & Services League of Australia), a dénoncé les remarques de Trump comme étant “factuellement incorrectes, historiquement ignorantes et profondément offensantes”. Il a appelé le Premier ministre et le chef de l’opposition à réaffirmer l’engagement de l’Australie envers ses soldats et leur service en Afghanistan.
Dans une interview accordée à Fox Business Network, Trump a également exprimé des doutes quant à la volonté de l’OTAN de soutenir les États-Unis en cas de besoin. Il a ensuite publié un message sur son réseau social Truth Social, saluant le courage des soldats britanniques.
Cette situation souligne la complexité des relations internationales et l’importance d’une diplomatie solide, un défi que Greg Moriarty devra relever en tant que nouveau représentant de l’Australie à Washington.
