Mobilisation gigantesque en Algérie contre Bouteflika

Les Algériens sont massivement descendants dans la rue vendredi, principalement à Alger, pour que leur refus soit prolongé sine die du mandataire du président Abdelaziz Bouteflika.

Il s’agit du 4e vendredi de la contestation nationale contre le chef de l’État qui a annoncé lundi le rapport de l’élection présidentielle prévu le 18 avril. A Alger, même si le nombre de manifestants était difficile à établir, l’absence de chiffres officiels, la mobilisation au plus tard le vendredi, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.

Oran, Constantine et Annaba, les 2e, 3e et 4e villes du pays ont également été le théâtre de mobilisations très importantes, comme chaque semaine, selon les journalistes.


A Alger, vendredi. Photo RYAD KRAMDI / AFP

A Alger, vendredi. Photo RYAD KRAMDI / AFP

Les Algériens ont également été défigurés dans plusieurs villes, selon les images relayées par les réseaux sociaux et les témoignages. Des sources sécuritaires ont été trouvées dans la moitié moins des préfectures du pays, du Nord au Sud.

A Alger, autour du carrefour de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du cœur de la capitale, hommes, femmes et enfants sont dans une ambiance festive, avenues et rues, dont une grande partie était désertée par la police. «On essaie des élections sans Boutef, on retrouve avec Bouteflika sans élections», pouvait-on lire sur une pancarte. «Quand on dit" non au 5e mandat ", il (Bouteflika) nous dit" au garde le 4e, alors "», indiquait une autre.

Heurts localisés

Les cortèges se sont déroulés globalement sans incident selon le mot d'ordre «pacifique» de cette contestation à partir de la nomination de Abdullaziz Bouteflika il y a 20 ans. Seuls les heurts localisés ont été signalés près du centre d’Alger, entre la police et les policiers de jeunes lançant des pierres sur un cordon, une avenue menant à la présidence de la République.

Un mandat sans date d'expiration

Agé de 82 ans, Abdelaziz Bouteflika est affilié aux séquelles d’un AVC qui l’empêchent de s’adresser aux Algériens depuis 2013 et qui apparaitraient rarement. La contestation a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer sous 5e mandat. Face to manifestations réclamant qu'il renonce à sa candidature, il est repoussé à la présidence ou jusqu’à l’émission de la Conférence nationale devant le pays et l’élaboration d’une nouvelle constitution. Cette annonce prolonge de facto son mandat, au-delà de son expiration le 28 avril. La date de la Conférence n’a pas été précisée.

Comme les semaines précédentes, le drapeau national – noir et blanc, le croissant et l'étoile rouge – ont été brandies par les manifestants et déployées aux balcons des immeubles.

«Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter», ont indiqué des pancartes de manifestants, en réponse aux efforts déployés par le pouvoir de convaincre de leur chef de l'Etat et de leur colère.

Par AFP |
                                                Publié le 15/03/2019 à 22:33
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