L’administration Trump envisage de déployer des troupes fédérales au Minnesota, malgré l’opposition locale
MINNEAPOLIS – L’administration Trump a ordonné à environ 1 500 soldats en service actif de se préparer à un éventuel déploiement au Minnesota, a révélé dimanche plusieurs médias, dont ABC News. Cette décision intervient après que le président Donald Trump a menacé d’invoquer la loi sur l’insurrection pour réprimer les manifestations qui ont éclaté suite à la mort de Renee Good, une femme de Minneapolis, tuée par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Bien que le président Trump ait par la suite déclaré aux journalistes qu’il ne voyait “aucune raison pour le moment” d’invoquer cette loi, l’ordre de préparation au déploiement suscite de vives inquiétudes quant à une escalade de la réponse fédérale aux protestations.
Le Pentagone, par la voix de son porte-parole Sean Parnell, a confirmé être “toujours prêt à exécuter les ordres du commandant en chef si on le lui demande”. Les soldats concernés appartiennent à la 11e division aéroportée, basée en Alaska et spécialisée dans la guerre arctique.
Un déploiement de troupes en service actif pour réprimer des manifestations marquerait un tournant majeur dans l’utilisation de la force par l’administration Trump dans les villes dirigées par les démocrates. Cette approche s’accompagne de poursuites pénales contre des élus démocrates et de menaces de retrait de fonds fédéraux à l’encontre de ces mêmes villes.
Les autorités locales s’opposent fermement à l’intervention fédérale. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a qualifié un éventuel déploiement de l’armée américaine de “mesure choquante”. Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a également appelé au calme et a lancé un appel direct au président Trump sur les réseaux sociaux : “Baissons la température. Arrêtons cette campagne de représailles. Ce n’est pas qui nous sommes.”
L’administration Trump a déjà déployé 3 000 agents de l’ICE et de la police des frontières à Minneapolis pour gérer les manifestations, en grande partie pacifiques. Ces agents ont été accusés d’usage excessif de la force, d’utilisation de gaz poivre et de détentions arbitraires, y compris de citoyens américains.
L’American Civil Liberties Union (ACLU) a déposé une plainte de 72 pages jeudi, au nom de trois personnes, alléguant que l’ICE a violé les droits constitutionnels des citoyens du Minnesota et a eu recours à des profils raciaux dans sa répression des manifestants. La plainte décrit des “agents fédéraux masqués, au nombre de milliers, qui arrêtent violemment d’innombrables habitants du Minnesota en se basant uniquement sur leur race et leur origine ethnique, sans tenir compte de leur citoyenneté ou de leur statut d’immigration, ou de leurs circonstances personnelles.”
Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump a déployé des troupes pour répondre aux troubles civils. Des soldats de la Garde nationale ont été déployés à Los Angeles en juin 2025 et à Washington, D.C., en août 2025. En outre, 700 Marines américains ont été envoyés à Los Angeles lors de manifestations contre les raids d’immigration, mais leur mission était limitée à la protection des biens fédéraux.
L’invocation de la loi sur l’insurrection, qui n’a pas été utilisée depuis 1992 (lors du déploiement de troupes à Los Angeles après l’acquittement des policiers impliqués dans le passage à tabac de Rodney King), nécessiterait une justification légale solide et pourrait être contestée devant les tribunaux. La situation au Minnesota reste tendue et l’évolution de la réponse fédérale est suivie de près par les défenseurs des droits civils et les observateurs politiques.
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