Millie Carter alerte sur le climat délétère grandissant autour du football féminin
BRENTFORD, Royaume-Uni – Millie Carter, défenseure de Gotham FC et ancienne joueuse de Chelsea, tire la sonnette d’alarme sur la montée des abus et de l’intimidation ciblant les footballeuses, en particulier les joueuses de l’équipe nationale anglaise, les Lionesses. L’athlète, actuellement au Royaume-Uni avec son équipe en préparation du tournoi inaugural de la Women’s Champions Cup face à SC Corinthians le 28 janvier, souligne un contraste frappant entre l’accueil qu’elle a reçu aux États-Unis et celui qu’elle connaît en Angleterre.
« En Amérique, les gens sont tellement heureux et positifs, ils vous disent à quel point vous êtes géniales, même si vous n’avez pas particulièrement bien joué », a confié Carter. « Mon bonheur passe avant tout dans ma carrière, donc toute décision concernant mon futur club sera basée sur l’endroit où je me sentirai le mieux, pour moi et ma famille. »
Ce sentiment de bien-être, pourtant essentiel, est de plus en plus menacé, selon Carter, par un environnement qui s’éloigne de l’idéal d’inclusion et de liberté d’expression. Elle observe que la popularité croissante du football féminin s’accompagne d’une augmentation des critiques virulentes et des abus en ligne, rendant certaines joueuses mal à l’aise de s’affirmer pleinement.
« On commence à hésiter sur qui on veut être, et ce n’est pas ce que nous voulons », a-t-elle déclaré. « Nous voulons que ce soit un environnement familial, avec de belles rivalités, mais sans les abus. Malheureusement, cela empire, surtout pour les Lionesses. »
Le phénomène est d’autant plus préoccupant que les joueuses gagnent en visibilité et en notoriété. Carter déplore que certaines d’entre elles ne se sentent plus en sécurité pour se promener dans la rue et exprimer leur individualité.
Cette prise de conscience a conduit l’équipe nationale à reconsidérer le geste symbolique de prendre la genouillère avant les matchs, une initiative anti-raciste abandonnée en 2025 après que Carter ait exprimé ses préoccupations. « Il était clair que nous et le football devons trouver une autre façon de lutter contre le racisme », a-t-elle expliqué, soulignant la nécessité d’une approche plus efficace et inclusive.
Le football féminin connaît une croissance exponentielle à l’échelle mondiale. Selon les chiffres de la FIFA, plus de 600 millions de personnes ont regardé la Coupe du Monde Féminine de 2023, un record absolu. Cette popularité accrue, bien que positive, expose les joueuses à une pression et à un examen accrus, rendant la protection de leur bien-être et de leur sécurité plus cruciale que jamais.
Le gouvernement britannique a récemment annoncé un investissement de 10 millions de livres sterling dans des programmes visant à lutter contre les abus en ligne et à promouvoir un environnement sportif plus sûr et inclusif. (Source : Département de la Culture, des Médias et des Sports du Royaume-Uni).
Carter appelle à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes pour inverser cette tendance. Elle espère que le football féminin pourra retrouver son esprit d’ouverture et de camaraderie, où chaque joueuse se sentira libre d’être elle-même, sans crainte de représailles.
