Argentine : Milei dénonce une “campagne de peur” et annonce une refonte du réseau routier national
Buenos Aires – Le président argentin Javier Milei a annoncé une profonde restructuration du réseau routier national, tout en lançant une vive critique à l’encontre de l’ancienne présidente Cristina Kirchner. Cette annonce intervient après une décision de justice suspendant partiellement un décret gouvernemental visant à réorganiser le financement et la gestion des routes.
Milei a déclaré que son gouvernement s’apprête à lancer des appels d’offres pour 10 000 kilomètres de routes nationales, laissant le secteur privé prendre en charge les projets rentables. Pour les portions non rentables, il envisage un système d’attribution basé sur la meilleure proposition de résolution, afin d’éviter le gaspillage et de valoriser les actifs.
“Il est plus facile de promettre des routes et de s’enrichir, comme cela a été fait par le passé,” a affirmé Milei, visant directement Cristina Kirchner, actuellement assignée à résidence dans le cadre d’une condamnation pour corruption liée à des contrats d’infrastructures routières.
Le président a également dénoncé une “campagne de peur” orchestrée, selon lui, pour manipuler l’opinion publique. Il a appelé à la vigilance face à ces tentatives de manipulation et à la nécessité de contrer les peurs infondées.
Contexte et enjeux :
La gestion des infrastructures routières en Argentine est un sujet sensible, souvent associé à des scandales de corruption et à des accusations de favoritisme. Le décret de Milei visait à mettre fin à un système jugé inefficace et opaque, en ouvrant la voie à une plus grande participation du secteur privé.
La suspension judiciaire de ce décret souligne les défis auxquels est confronté le gouvernement Milei dans sa volonté de mettre en œuvre ses réformes. La décision de la cour administrative de San Martín,suite à une action du syndicat des employés des routes nationales,met en pause la mise en œuvre du décret pour une durée de six mois.
L’Argentine possède un réseau routier étendu, vital pour le transport de marchandises et le développement économique.Cependant, une grande partie de ce réseau nécessite des investissements importants pour sa modernisation et son entretien. La nouvelle approche de Milei, axée sur le partenariat public-privé et la transparence, pourrait potentiellement attirer des capitaux et améliorer l’efficacité de la gestion des routes, mais elle suscite également des inquiétudes quant à l’accès aux infrastructures pour les populations les plus éloignées et les plus vulnérables.
