Microsoft a résilié son accord de location pour un centre de données à Loughton, en Essex, remettant en cause le projet de cotation boursière de la startup britannique Nscale, évalué à plusieurs milliards de dollars. Cette décision, rapportée le 18 octobre 2026, révèle de graves tensions sur le réseau électrique britannique.
La rupture du contrat à Loughton et les retards du réseau électrique
Microsoft a mis fin à son engagement pour devenir le client ancrage d’un projet de centre de données d’une valeur de deux milliards de livres sterling à Loughton, dans l’Essex. Ce site devait initialement accueillir 23 000 puces Nvidia destinées à l’intelligence artificielle et fournir une puissance d’environ 90 mégawatts, avec une ouverture prévue pour 2027.
Cependant, ce calendrier s’est effondré en raison de difficultés d’infrastructure. Les recherches menées sur le projet indiquent que les services d’électricité locaux, sous la houlette de UK Power Networks, ne seront pas en mesure de fournir l’alimentation nécessaire avant le début ou le milieu des années 2030. Nscale se retrouve ainsi sans client annoncé pour ce site stratégique, bien que l’entreprise affirme rester engagée dans le projet de Loughton tout en explorant des sources d’énergie alternatives.
Les répercussions sur les ambitions boursières et le carnet de commandes de Nscale
Cette annulation intervient alors que Nscale prépare activement une introduction en bourse à la Bourse de New York, avec l’ambition de lever jusqu’à 3 milliards de dollars et d’atteindre une valorisation de 35 milliards de dollars dès le mois d’octobre. La société a déposé son formulaire d’enregistrement S-1 le 18 septembre 2026.
Sur le papier, le carnet de commandes contracté de l’entreprise s’élève à 103,4 milliards de dollars. Néanmoins, la concentration de ce portefeuille pose question : Microsoft représentait à elle seule environ 43,8 milliards de dollars de ce montant. De plus, selon les informations du Telegraph, Nscale dépend de Microsoft et d’Anthropic pour environ 85 pour cent de ses contrats globaux.
La situation est d’autant plus délicate que les capacités opérationnelles de l’entreprise restent limitées par rapport à son carnet théorique. Nscale exploite actuellement environ 55 mégawatts de capacité en Europe. En Norvège, sur le site phare de Glomfjord, la structure ne dispose que de 6,4 mégawatts en service sur les 30 mégawatts prévus, un retard de six mois qui a déjà entraîné des pénalités.
Microsoft has pulled out of a UK data center deal with British neocloud Nscale at a critical time for the startup’s initial public offering hopes, the Telegraph reported. https://t.co/yiyXv1PWmU
Tensions sur le marché des infrastructures d’intelligence artificielle
Le secteur de l’intelligence artificielle subit une période de turbulences financières, les investisseurs s’interrogeant sur la viabilité de la dette contractée pour financer la construction massive de centres de données. Les difficultés de Nscale s’inscrivent dans un climat plus large de frilosité des marchés envers les fournisseurs de calculs pour l’IA.
L’avenir des relations entre Microsoft et Nscale
Malgré l’abandon du projet de Loughton et les problèmes d’approvisionnement électrique qualifiés de problématiques à l’échelle de Londres, la direction de Nscale se veut rassurante quant à la solidité de ses autres partenariats industriels.

« Notre relation avec Microsoft reste solide et à long terme, et ce malheureux problème de réseau à l’échelle de Londres n’a aucun impact sur nos autres contrats », a déclaré un porte-parole de Nscale selon The Telegraph.
Aucun commentaire public n’a été émis par Microsoft concernant cette résiliation, l’entreprise technologique américaine n’ayant pas répondu aux sollicitations des agences de presse.
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