Michael Bay poursuit Cadillac pour 1,5 million de dollars, alléguant le vol de ses idées pour une publicité Super Bowl
LOS ANGELES (AP) – Le réalisateur hollywoodien Michael Bay a intenté une action en justice de 1,5 million de dollars contre Cadillac, accusant la marque automobile d’avoir dérobé ses idées créatives pour une publicité ambitieuse prévue pour le Super Bowl. La plainte, déposée vendredi à Los Angeles, révèle un conflit survenu après que Bay ait été sollicité pour apporter sa touche “typiquement américaine” à la campagne publicitaire marquant l’entrée de Cadillac en Formule 1.
Selon le document juridique, obtenu par Rolling Stone, Dan Towriss, PDG de l’équipe Cadillac F1, aurait contacté Bay en novembre 2025, le décrivant comme “le réalisateur américain le plus emblématique” et lui demandant de conceptualiser, produire et diriger le spot publicitaire. Bay, connu pour des blockbusters tels que Pearl Harbor, Armageddon et The Rock, affirme avoir mis de côté d’autres projets pour s’investir pleinement dans cette collaboration de haut profil, malgré un calendrier extrêmement serré.
La plainte détaille que Bay et son équipe ont consacré des centaines d’heures au projet, travaillant “presque sans relâche”. Cependant, au milieu de la production, Towriss aurait soudainement décidé de “prendre une autre direction”, confiant la finalisation du projet à un autre réalisateur. Bay accuse Cadillac et son équipe d’avoir “apparemment volé ses idées et son travail” sans compensation.
“Ils ont planifié de le voler dès le début. Ils voulaient une publicité ‘à la Michael Bay’, en d’autres termes, à un prix dérisoire”, stipule la plainte. Cette situation est d’autant plus frustrante pour Bay qu’il entretient une relation de 25 ans avec General Motors, la maison mère de Cadillac. Il rappelle son implication dans la conception du véhicule Bumblebee pour la franchise Transformers, un design qui a ensuite contribué aux ventes de GM.
La plainte inclut une proposition écrite, prétendument utilisée par Towriss et son agence pour convaincre Bay de participer, qualifiant le projet de “légendaire” et nécessitant “l’un des conteurs les plus légendaires de notre génération”. Bay avait accepté de livrer le projet pour le 2 février 2026, afin de respecter les délais d’approbation de la NFL pour le Super Bowl LX, diffusé le 8 février.
Bay exprime également son inquiétude quant à l’agence publicitaire impliquée, craignant qu’elle ne s’approprie ses idées pour les confier à des réalisateurs moins chers. Il rapporte une conversation avec Towriss, où il lui aurait dit : “Ils volent mes idées. Ils essaient de me sonder pour donner ces idées à des réalisateurs commerciaux plus jeunes et moins chers.” Towriss aurait répondu : “Eh bien, je paie pour cette publicité du Super Bowl, donc Cadillac et moi sommes aux commandes.”
La plainte détaille comment Bay a partagé des extraits de ses films précédents, notamment Transformers 3 et Armageddon, pour illustrer ses idées visuelles et son style narratif. Towriss aurait été particulièrement enthousiasmé par l’utilisation d’un discours de John F. Kennedy sur la “course à l’espace” et par l’esthétique désertique d’Armageddon, suggérant des couleurs dorées, des reflets solaires et des effets de chaleur.
Bay affirme avoir engagé du personnel et avoir commencé à organiser le transport d’une voiture de F1 utilisée dans le film F1 vers le désert du Mojave pour le tournage, avant d’être brusquement informé par un producteur freelance que l’agence avait décidé de “prendre une autre direction”.
Suite à cette annonce, Bay aurait contacté Towriss, exprimant son mécontentement. Towriss aurait répondu par un message texte promettant de lui proposer un “futur projet” sans l’intervention d’une agence.
La plainte souligne que des éléments spécifiques proposés par Bay, tels que des effets “chatoyants” et un “chrome doré hautement réfléchissant”, sont apparus dans les premières images promotionnelles de la publicité Cadillac F1.
Bay réclame au moins 1,5 million de dollars de dommages et intérêts, ainsi que des dommages punitifs, pour rupture de contrat, rupture de contrat implicite et fraude. L’affaire met en lumière les enjeux créatifs et financiers liés à la production de publicités de grande envergure pour des événements médiatiques majeurs comme le Super Bowl, un événement regardé par plus de 100 millions de téléspectateurs rien qu’aux États-Unis, selon les chiffres de la NFL. Le coût d’une publicité de 30 secondes au Super Bowl a dépassé les 7 millions de dollars en 2024, soulignant l’importance stratégique de ces spots publicitaires pour les marques.
Ni Cadillac, ni l’équipe Cadillac F1, ni l’agence publicitaire n’ont immédiatement commenté cette affaire.
