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MFA Théâtre : Défis et Avenir des Programmes Universitaires

L’avenir incertain des écoles de théâtre aux États-Unis : un regard de l’intérieur

Austin, Texas – KJ Sanchez, directrice du programme de Master en Mise en Scène à l’Université du Texas à Austin (UT Austin), n’imaginait pas un jour enseigner. Native de Nouveau-Mexique, elle a passé 25 ans à New York, dirigeant sa compagnie de théâtre American Records et écrivant des pièces jouées à travers le pays. Pourtant, une invitation à Austin en 2015, pour évaluer des productions étudiantes au Cohen New Works Festival de l’UT Austin, a changé sa trajectoire. Elle y a découvert un environnement stimulant, où étudiants et professeurs semblaient véritablement s’épanouir.

Aujourd’hui, Sanchez s’inquiète. Alors que les écoles supérieures d’art dramatique sont confrontées à des défis financiers croissants, elle observe avec appréhension la fermeture ou la suspension de programmes à travers le pays. Cette tendance, soulignée par des publications sur les réseaux sociaux, soulève des questions fondamentales sur l’avenir de la formation théâtrale et son impact sur la scène artistique américaine.

“J’ai peur d’une tendance”, confie Sanchez. “Chaque fois que j’entends parler d’un programme qui ferme, je m’inquiète.”

Un modèle en mutation

La situation est complexe. L’Université de Californie du Sud (USC) a annoncé la “fin de vie” de son prestigieux programme de Master en Écriture Dramatique après plus de 30 ans d’existence, invoquant un virage vers un “modèle basé sur les revenus”. Paradoxalement, USC a rendu ses programmes d’Acteur et d’Écriture Dramatique gratuits pour l’année académique 2024-2025.

À l’Université d’Oklahoma (OU), la situation est différente. Seth Gordon, professeur de Mise en Scène et de Gestion Théâtrale, s’apprête à relancer un programme de Master en Mise en Scène qui avait été fermé il y a 20 ans. OU, classée comme une université de recherche de premier plan (R1), privilégie l’impact sur le domaine artistique plutôt que la rentabilité immédiate.

“Nous sommes une université R1”, explique Gordon. “Notre objectif est de contribuer au domaine en formant les leaders de demain.”

L’évolution du mentorat artistique

Ces changements reflètent une évolution du paysage de la formation artistique. Luis Alfaro, professeur associé d’écriture dramatique à USC et lauréat d’une bourse MacArthur, n’a jamais suivi de formation supérieure en théâtre. Il a appris son métier sur le terrain, grâce à des stages, des bourses et des rencontres avec des professionnels établis.

“Je suis allé directement sur le terrain dans les années 80”, se souvient Alfaro. “J’ai travaillé avec María Irene Fornés, j’ai écrit de la poésie, j’ai fait de la performance. J’ai écrit beaucoup de lettres aux gens et je leur ai dit : ‘J’adore votre travail et j’aimerais vous rencontrer.'”

Aujourd’hui, cette voie est de plus en plus difficile à emprunter en raison du coût de la vie. Les programmes universitaires comblent en partie ce vide, offrant aux étudiants un accès à des mentors et à des ressources qu’ils n’auraient peut-être pas autrement.

Un rôle social et économique

Les écoles de théâtre ne se limitent pas à former des artistes. Elles contribuent également à l’économie locale et à la vitalité culturelle. Les étudiants et les professeurs participent à des projets communautaires, animent des événements et attirent des publics diversifiés.

Selon une étude de Americans for the Arts, l’industrie artistique et culturelle génère 877,8 milliards de dollars de dépenses économiques et soutient 4,6 millions d’emplois aux États-Unis.

L’importance de l’expérimentation

Sanchez souligne l’importance de l’expérimentation et de l’innovation dans la formation théâtrale. À l’UT Austin, elle encourage ses étudiants à explorer de nouvelles formes d’expression et à aborder des sujets complexes.

“Nous devons former des artistes capables de penser de manière critique et de créer des œuvres qui reflètent le monde dans lequel nous vivons”, affirme-t-elle.

Elle cite l’exemple d’une adaptation féministe de Macbeth et d’une mise en scène ambitieuse de Cabaret que ses étudiants ont présentées récemment.

Un appel à la vigilance

Alors que l’avenir des écoles de théâtre reste incertain, Sanchez lance un appel à la vigilance. Elle exhorte les institutions universitaires à reconnaître la valeur de ces programmes et à investir dans leur avenir.

“Nous devons faire en sorte que ces contributions soient visibles”, insiste-t-elle. “Nous avons besoin de nouvelles pièces, et Luis Alfaro – l’un de nos plus grands dramaturges – a toujours été un mentor par nature. Son dévouement à transmettre le flambeau est réel et continuera à perdurer sous quelque forme que ce soit.”

Elle conclut en citant Kimberly Belflower, une ancienne étudiante de l’UT Austin : “Ce qui commence ici change le monde.”

[Image d’Eliza Frakes et Kirk Lynn en studio, avec légende : “UT Austin graduate playwright Eliza Frakes meets with professor Kirk Lynn. (Photo by KJ Sanchez)”]

[Lien vers le site web de l’UT Austin Theatre and Dance : https://theatredance.utexas.edu/]

[Lien vers l’article original sur American Theatre : https://www.americantheatre.org/2024/08/08/the-mfa-in-question/]

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