Le Mexique envisage de suspendre ses livraisons de pétrole à Cuba face aux craintes d’une riposte de Trump
MEXICO CITY – Le gouvernement mexicain étudie la possibilité de suspendre ses livraisons de pétrole à Cuba, une décision motivée par la crainte de représailles commerciales de la part des États-Unis sous une éventuelle seconde administration Trump, ont révélé plusieurs sources proches du dossier. Cette mesure, qui pourrait avoir des conséquences significatives pour l’économie cubaine déjà fragilisée, témoigne des tensions persistantes entre les trois pays et de l’incertitude entourant les relations transatlantiques.
L’arrêt potentiel de ces livraisons, qui représentent une part cruciale de l’approvisionnement énergétique de Cuba, est actuellement en discussion au sein des plus hautes sphères du gouvernement mexicain, selon ces sources. L’objectif principal est d’éviter d’éventuelles sanctions américaines, particulièrement si Donald Trump, qui a déjà adopté une ligne dure envers Cuba, revenait à la Maison Blanche en janvier 2025.
“Le risque est réel,” explique un haut fonctionnaire mexicain, sous couvert d’anonymat. “Trump a clairement indiqué qu’il réévaluerait les accords commerciaux et les relations avec les pays qui continuent de soutenir Cuba. Nous devons anticiper et protéger nos propres intérêts économiques.”
Les livraisons de pétrole mexicaines à Cuba, qui se font principalement via des contrats préférentiels, sont un pilier de l’économie cubaine. En 2022, Cuba a importé environ 8,8 millions de tonnes de pétrole brut, dont une part significative provenait du Mexique, selon les données de l’Administration d’information sur l’énergie américaine (EIA). Une interruption de ces livraisons pourrait entraîner des pénuries d’énergie, une hausse des prix et une aggravation de la crise économique que traverse l’île.
L’impact ne se limiterait pas à Cuba. Le Mexique, qui a cherché à diversifier ses relations commerciales et à affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis, pourrait également subir des conséquences économiques. La suspension des livraisons de pétrole pourrait entraîner une perte de revenus pour la compagnie pétrolière d’État Pemex et nuire aux relations bilatérales avec Cuba.
Cette situation s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Les relations entre les États-Unis et Cuba sont tendues depuis des décennies, marquées par un embargo américain en vigueur depuis 1962. Le gouvernement Biden a assoupli certaines restrictions, mais l’embargo reste en place. L’arrivée potentielle de Trump à la Maison Blanche pourrait marquer un retour en arrière.
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle suscite de vives réactions. Sur X (anciennement Twitter), le hashtag #CubaLibre est en tendance, avec des messages exprimant à la fois l’inquiétude face à la situation économique cubaine et le soutien à une politique américaine plus ferme envers le gouvernement de l’île.
Intégration d’un tweet pertinent sur le sujet, par exemple :
Le gouvernement cubain n’a pas encore officiellement réagi à ces informations. Cependant, des sources proches du gouvernement havanais indiquent que La Havane est consciente de la situation et travaille à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique.
L’avenir des relations commerciales entre le Mexique et Cuba reste incertain. La décision finale du gouvernement mexicain dépendra de l’évolution de la situation politique aux États-Unis et des garanties éventuelles que pourrait offrir une nouvelle administration américaine. Cette affaire souligne la complexité des relations régionales et l’importance de l’énergie dans les équilibres géopolitiques.
